Mines et hydrocarbures

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Le potentiel minier du Niger figure parmi les plus élevés d’Afrique. Premier producteur d’uranium du continent, 4e sur le plan mondial, le pays peine malheureusement à tirer profit de son activité minière pour financer son développement.

Le potentiel

Si l’uranium est la principale ressource minière, le sous-sol du Niger regorge de plusieurs autres minerais.

L’uranium

Le Niger possède les plus importantes réserves d’uranium au monde. L’histoire de la production de ce minerai remonte en 1971 avec le début de l’exploitation d’une mine située près de la ville d’Arlit, au nord-est du pays. D’autres sites miniers sont aujourd’hui en exploitation. Il s’agit des mines d’Akouta, toujours situé au nord-est et des mines de l’Azélik. En raison de sa faible teneur en uranium, le minerai extrait est traité sur place. 

Découverte en 1966, la gigantesque mine d’Imouraren situé au sud de la ville d’Arlit devrait bientôt être exploitée. La mine contiendrait 275 000 tonnes de minerais et devrait produire 5000 tonnes d’uranium métal par an ; ce qui ferait du Niger le deuxième producteur sur le plan mondial.

Le pétrole

Selon les estimations de la US Geological Survey, les bassins de Taoudéni (Mauritanie, nord du Mali, nord-ouest du Niger), des Oulliminden (est du Mali, nord du Niger) et du Tchad (est du Niger) renferment un potentiel d’hydrocarbures d’au moins 100 milliards de barils de pétrole et de 225.000 milliards de m3 de gaz naturel.

Le Niger est devenu un pays producteur de pétrole en 2011 avec le début de l’exploitation du gisement d’Agadem, situé non loin de la frontière avec le Tchad.  Les réserves de ce gisement sont estimées à 320 millions de barils.

La production du pays est actuellement de 20 000 barils par jour. Cette production devrait passer à 200 000 barils par jour avec la mise en activité du pipeline actuellement en construction et qui devrait permettre au pays d’exploiter son pétrole via le port de Cotonou. D’ici 2025 le pays compte atteindre la barre des 500 000 barils par jours.

 

Le charbon

Le Niger produit du charbon depuis 1980, avec la mise en exploitation des mines située à Anou Araren. Le charbon produit par cette mine est utilisé entièrement sur place dans une centrale thermique qui sert à alimenter les usines de traitement d’uranium d’Arlit et les villes situées dans la région d’Agadez. Un autre gisement situé dans le bassin de l’Azawak au centre du pays et dont les réserves sont estimées à 30 millions de tonnes devrait bientôt être exploité.

L’or

Au Niger comme dans les autres pays ouest-africains, la production d’or est majoritairement artisanale.  La mine d’or de Samira Hill situé près de la frontière avec le Burkina Faso est toutefois exploitée de manière industrielle. La production annuelle du pays est estimée à une dizaine de tonnes.

Les autres minerais

Des mines de phosphates sont exploitées à Tahoua, dans le centre du pays.

Le Niger est également un producteur d’étain depuis 1980. Une mine d’étain situé dans la localité d’ El Mecki produit une douzaine de tonnes chaque année.

Le pays produit également du gypse et du calcaire pour alimenter la cimenterie de Malbaza, l’une des principales cimenteries du pays.

Ajouté à cela, le Niger possède un grand nombre de minerais peu ou pas encore exploités.  On peut citer entre autres, le fer, le manganèse et le cuivre. Le sous-sol du pays renferme également des métaux rares comme le lanthanum et le scandium.

Les sociétés

Pour accroître la transparence de son secteur minier, le Niger a opté pour la spécialisation de ses sociétés minières, ce qui veut dire que lesdites sociétés sont souvent en charge de l’exploitation d’une ou de deux mines situées dans la même zone géographique.

SOPAMIN

La Société du Patrimoine des Mines du Niger (SOPAMIN) a été créée en 2007 pour succéder à l’office national des ressources minières. Elle a pour mission de gérer les participations de l’état du Niger dans les sociétés exploitant des mines ou des carrières sur le territoire et de commercialiser les produits issus de ces mines et carrières. Elle exerce également un contrôle opérationnel des sociétés minières. Sur les dernières années, la société a vendu en moyenne 900 tonnes d’uranium.

SONICHAR

La Société Nigérienne du Charbon (SONICHAR) est la société en charge de l’exploitation de la mine d’Anou Araren. Créée en 1975, elle a démarré son activité en 1980 et un an plus tard a commencé la production d’électricité.

SNCA

La Société Nationale des Charbons de l’Azawak (SNCA) opère dans les domaines des mines et de l’énergie. Créée en 2006, elle a pour mission d’exploiter l’immense gisement situé dans le bassin de l’Azawak au centre du pays.  Le projet est toujours en cours d’étude.

 

 

COMINAK

La Compagnie Minière d’Akouta a été créée en 1974 à la suite d’un protocole d’accord entre la France, le Japon et le Niger. L’extraction des minerais des mines d’Akouta, l’une des plus grandes mines d’uranium souterrain au monde, a débuté en 1978, la société a ensuite entamé l’exploitation des mines d’Akola et d’Afasto. En1981, la société a enregistré une production record de 2260 tonnes. En 2018, la majorité des conventions minières signées avec l’état du Niger sont arrivées à terme. La mine d’Akouta devenue peu rentable devrait être fermée en 2021.

Areva NC Niger

Créé en 2006 pour succéder à la COGEMA,  Areva NC Niger est détenue à 100 % par Orano cycle, le géant mondial de l’uranium. La société possède trois filiales locales : la Somair, La Cominak et Imouraren SA.

Areva NC Niger a pour mission de coordonner les campagnes d’exploration au Niger, de piloter les nouveaux projets miniers, de conduire la communication du groupe et les actions de solidarité en faveur des populations locales et de gérer les relations du groupe avec les autorités nigériennes.

Somair

La Société des Mines de l’Air (SOMAIR) a été créée en 1968 pour exploiter des gisements miniers situés au nord-est du pays. Elle est une filiale d’Areva et a un capital de 4,3 milliards de francs CFA. En moyenne, la mine produit 2600 tonnes d’uranium métal par an.  Depuis le début de l’exploitation des mines en 1971, la compagnie a produit environ 53 000 tonnes d’uranium.

Imouraren  SA

Société anonyme au capital de 50 milliards de francs CFA, Imouraren SA, est une filiale d’Areva NC Niger. Elle a été créée pour exploiter la mine d’Imouraren situé à 80 km de la ville d’Arlit. Ce gisement d’uranium est l’un des plus grands au monde et devrait permettre à la société de produire 5000 tonnes d’uranium métal par an sur 35 ans.

SOMINA

La Société des Mines d’Azélik (SOMINA) a été créée en 2007 pour exploiter le gisement d’uranium d’Azélik situé à 200Km de la ville d’Azélik. L’exploitation a commencé en 2011. La production annuelle se situe actuellement autours de 2 500 tonnes par an.

SML

La Société des Mines du Liptako (SML) est une filiale de la société canadienne SEMAFO. Elle exploite une mine située au mont Samira à l’ouest du Niger dans le département de Téra.  La production annuelle de la compagnie est estimée à 1,5 tonne.

CNPC

La China National Petrolum Corporation (CNPC) exploite le gisement pétrolier d’Agadez situé proche de la frontière avec le Tchad. Au Niger elle opéré a travers sa filiale local WAPCO. Les activités de cette compagnie ont commencé en 2011. Les réserves sont estimées début 2012 à 320 millions de barils et la production actuellement située à 20 000 barils par jour devrait augmenter pour atteindre les 500 000 barils par jour à l’horizon 2025.

SORAZ

La Société de Raffinerie de Zinder (SORAZ) est née de la coopération entre le Niger et la CNPC. La raffinerie est installée à 52 km de Zinder à Ollelewa. Elle est reliée par un oléoduc au site d’extraction d’Agadem.

 

 

Ecomine SA

Société anonyme de droit nigérien au capital de 10 millions de francs CFA, Ecomine SA, est une jeune entreprise qui entend bien s’imposer dans le secteur des mines. Récemment la compagnie a obtenu l’autorisation d’installer une usine d’affinage d’or à Niamey.

Quelques faits

En 2017, le Niger a été classé 4e pays où les ressources minières sont les mieux gérées en Afrique de l’Ouest par l’indice de gouvernance des ressources naturelles qui a toutefois placé le pays dans la catégorie insuffisante.

Toujours en 2017, le pays a été suspendu de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) pour des progrès jugés insuffisants en matière de publication des contrats et de dialogue avec la société civile. En réponse, le Niger s’était retiré de l’initiative. En 2020 le pays réintègre l’ITIE après avoir accompli un certain nombre de réformes.

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