Énergies

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Sur le plan énergétique, le cas du Niger illustre un paradoxe propre aux pays africains. Producteur de pétrole, traversé par le fleuve Niger et éclairé 9 mois sur 12 par les ardents rayons du soleil, le pays affiche un taux d’électrification qui culmine à 13%.

60 à 70% de l’électricité provient de l’étranger notamment du Nigéria voisin. Autant dire que les défis du pays sur le plan énergétique sont nombreux et de taille.  Toutefois sur les 10 dernières années les autorités n’ont pas baissé les bras. De nombreux projets sont en cours et pourraient faire non seulement passer le pays de l’obscurité à la lumière, mais aussi en faire un exportateur d’énergie vers ses voisins. Le pays envisage à l’horizon 2035 d’atteindre 80% de taux d’électrification.

Les barrages

À cette date, le Niger ne compte pas de barrage hydroélectrique en activité. Plusieurs projets sont toutefois en cours.

Le barrage de Kandadji dont la construction a été lancée en 2008 est porteur de nombreux espoir. D’un cout total de 1,2 milliard d’Euros, financé principalement par la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement et la Banque mondiale, avec un appui significatif de l’Agence française de développement, les travaux de construction de ce barrage ont été confiés à la société chinoise China Gezhouba Group Company (CGGC) qui a réellement débuté les travaux en mars 2019. Ce barrage hydroélectrique construit sur le fleuve Niger devrait produire, une fois terminé, de l’électricité avec une puissance de 130 MW pour une production annuelle de 629 GWh ; ce qui représentera un bond de 55 % de la production nationale et permettra au pays de diminuer sa dépendance vis-à-vis de ces actuels fournisseurs. Le barrage devrait aussi permettre d’irriguer 45 000 ha de terres arables. La centrale doit rentrer en activité en 2025.

La centrale thermique de Gorou Banda, inaugurée en 2016, possède une capacité de 100MW. Financée principalement par la Banque ouest-africaine de développement, elle a coûté 75 milliards de francs CFA et couvre une superficie de 80 ha. Les travaux de sa construction ont été lancés en 2014.

Une centrale solaire d’une puissance de 20 MW est en cours de construction à Niamey, d’un coût total estimé à 18,7 milliards FCFA, elle est financée par l’Agence française de développement et l’Union Européenne, elle devrait rentrer en service en 2021.

Une autre centrale hybride (thermique - photovoltaïque) devra bientôt voir le jour à Agadez. D’une puissance estimée à 21MW elle devrait pouvoir fournir de l’électricité aux 150 000 habitants de la deuxième ville du pays. D’un coût total estimé à 32 millions d’euros elle est également financée par l’Agence française de développement et l’Union européenne.

La centrale thermique de la Sonichar située dans la région d’Agadez comprend 2 tranches de 18,8 MW.  L’électricité qu’elle produit sert à alimenter les usines de traitement d’uranium d’Arlit et d’Akokan ainsi que les principales villes de la région d’Agadez.

Le potentiel

Le Niger occupe actuellement le 4e rang des pays producteurs d’uranium. La mise en exploitation du gisement d’Imouraren devrait propulser le pays au deuxième rang mondial. Les réserves totales du pays en uranium sont estimées à 280 000 tonnes.  Dans un futur proche, le pays envisage sérieusement de développer une industrie nucléaire civile pour produire de l’électricité.

Aussi le potentiel hydroélectrique du Niger est estimé à plus de 378,5 MW. Sur les 230 MW situés à Kandadji, 130 MW seront exploités par le barrage en construction. 122,5 MW sont situé à Gambou sur le fleuve Niger et 26 MW à Dyondyonga sur la rivière Mekrou.

En outre, le pays possède d’importantes réserves de charbon qui pourraient être utilisé pour alimenter les centrales thermiques. La SNCA en charge de Salkadamna a entrepris des études de faisabilité en vue de la construction d’une centrale à charbon d’une capacité allant de 200 MW à 600 MW.

Par ailleurs, le Niger est ensoleillé 9 mois sur 12 ce qui donne au pays un fort potentiel photovoltaïque. 

Un double défi

Le défi énergétique du Niger ne réside pas uniquement dans une insuffisance de production. Le pays souffre également d’une natalité galopante qui paralyse les efforts en faveur de l’électrification.  En effet, 800 000 personnes s’ajoutent à la population chaque année. Dans ce contexte, même si la compagnie nationale d’électricité (Nigelec) parvenait à effectuer 100 000 branchements par an le défi demeure entier.

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