Agriculture

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L’Agriculture représente entre 34,8 et 40 %du PIB selon les estimations et emploie 85 % de la population active du Niger. En 2005, le pays comptait 1.627.294 exploitations agricoles regroupant un effectif total de la population agricole estimée à 10.108.795 personnes. Plus de 90% de ces exploitations soit 1.519.026, étaient familiales. Ce secteur comme dans de nombreux pays africains soufre d’un finalement insuffisant et des conditions géographiques particulièrement difficiles ainsi que des conséquences du changement climatique.

L’agriculture nigérienne est très peu mécanisée et l’utilisation d’engrais est répandue. Le pays est recouvert à deux tiers par le désert du Sahara. La superficie potentiellement cultivable est estimée à 15 millions d’ha, représentant moins de 12% de la superficie totale du pays tandis que les terres cultivées sont estimées à 6,5 millions d’ha. Les rendements obtenus sont faibles et très fluctuants, car évoluant au gré des conditions pluviométriques.

Entre défis et perspectives, l’agriculture nigérienne devra se moderniser pour faire face au besoin alimentaire sans cesse croissant d’une population de plus en plus nombreuse.

Les défis

L’agriculture nigérienne est confrontée à des défis géographiques, climatiques et financiers et humains.

Les défis climatiques

L’agriculture nigérienne est fortement tributaire des conditions climatiques caractérisées par une forte aridité. En effet, le pays compte 9 mois de saison sèche pour deux à trois mois de saison pluvieuse. Les pluies, habituellement torrentielle entraînent souvent des inondations qui emporte de nombreuses cultures. Du fait des conditions climatiques particulièrement difficiles, le pays ne compte qu’une seule saison. Les années de déficits pluviales sont courantes. Ainsi, entre 1980 et 2009, sept années ont été particulièrement marquées par la sécheresse : 1984, 1993, 1997, 2000, 2004 et 2009. Cette situation entraîne une dégradation rapide des terres ce qui à son tour conduit à une baisse considérable des rendements.

Les défis humains

Les terres arables du Niger subissent non seulement les affres du climat, mais aussi celui des hommes. Les activités humaines notamment les pratiques agricoles peu performantes, les outils de travail rudimentaires dont l’utilisation tend à fragiliser davantage la stabilité structurale des sols à l’origine très faible ; le surpâturage, le piétinement, la surexploitation des terres et le déboisement conduisent à une réduction du couvert végétal ce qui rend les sols vulnérables à l’érosion. Le Niger perdrait ainsi chaque année 100 000 ha de terres cultivables. 

La croissance démographique estimée à 3,9 % et l’urbanisation rapide et anarchique constituent également des facteurs qui pèsent sur l’agriculture nigérienne. Dans les régions de Maradi, de Zinder et de Dosso où sont concentrées la majorité des terres agricoles, les densités de la population dépassent les 200 hbts/km ce qui entraîne une réduction des aires de pâturage et une quasi-disparition de la jachère, phénomène qui accentue la dégradation de sols et la baisse des rendements.

Les défis économiques

Dans les années 1960, au lendemain des indépendances, l’agriculture nigérienne était fortement subventionnée par l’État. Les politiques d’ajustement structurel subies par le pays dans les années 90 ont contraint l’État à se désengager. Depuis, le secteur rural souffre d’un manque d’accès au financement. De nombreux établissements financiers rechignent toujours à financer l’agriculture, secteur jugé trop à risque, et les dépenses publiques consacrées au secteur évolue en dent de scie. En 2010, elle était estimée à 51,4 milliards contre 90,3 milliards en 2003 et 60, 6 milliards en 2001. Entre 2011 et 2015, la qualité des financements publics et privés mobilisés en faveur de ce secteur était de 12%.

Les initiatives

Conscient du rôle de l’agriculture sur le plan économique, les autorités ont initié de nombreux projets en faveur du monde rural sur les 10 dernières années.

La BAGRI

La Banque Agricole du Niger (BAGRI) a été créée en 2010 et a ouvert ses portes au public en 2011. Dotée d’un capital social de 10 Milliards de francs CFA, elle a développé un mécanisme de financement basé sur un partenariat avec les acteurs du monde agricole et le partage des risques (financement à coût partagé).  Les taux d’intérêt pratiqués par la BAGRI oscillent entre 12 et 13%. La banque finance également des projets non agricoles.

Le FISAN

Le Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN) a été créé en 2017 pour corriger ce que les autorités qualifient d'incohérence du système de financement agricole par une canalisation des fonds. Dans la pratique, le FISAN opère à travers 3 mécanismes, le premier mécanisme est consacré au soutien du financement agricole. Le second au financement des investissements agricoles structurants et le troisième mécanisme au financement du conseil agricole, de la recherche agronomique appliquée et du renforcement de capacités.

Panorama Agriculture

3N

L’initiative 3N est sans aucun doute la plus grande offensive lancée par les autorités ces dernières en faveur du secteur agricole.

Elle a été initiée en 2012 pour répondre aux défis que connaît l’agriculture et pour promouvoir la sécurité alimentaire dans le pays. Dirigée par un haut-commissaire, cette initiative bénéficie d’une attention particulière du gouvernement. Sa mission est axée autour de 5 axes. Le premier axe vise l’accroissement et la diversification des productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, approvisionnement régulièrement les marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agroalimentaires, améliorer la résilience des populations face aux changements climatiques, les crises et catastrophes et améliorer l’état nutritionnel des Nigériennes et des Nigériens. L’initiative 3N est à l’origine du Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (FISAN). Elle est au-devant de toutes les initiatives agricoles et apporte un soutien sans faille au monde rural.

Agriprofocus Niger

Membre du réseau international Agriprofocus basé aux Pays-Bas; Agrirprofocus  Niger est un réseau regroupant les agriculteurs, des entreprises, des organisations de la société civile et des institutions du gouvernement. Réuni autour d’une même vision commune : contribuer au développement du monde rural par une promotion de l’agribusiness. Régulièrement le réseau organise des foires et autres rencontres agricoles sur tout le territoire.

Quelques cultures

Comme dans de nombreux pays africains, les cultures du Niger sont classées entre cultures d’exportations et les cultures vivrières.

Les cultures vivrières

Le mil

Le Mil est l’une des principales cultures du Niger, le pays est d’ailleurs le second producteur de mil de toute la sous-région après le Nigeria. La production moyenne de mil au cours des années où la pluviométrie a été régulière est de 3,5 millions de tonnes et peut dépasser les 5 millions de tonnes, ce qui représente plus de 75 % de la production céréalière. Outre les aléas climatiques, cette culture souffre des attaques à répétition de la chenille lésionnaire.

Le sorgho

Le sorgho constitue avec le mil la base de l’alimentation au Niger. La production annuelle du pays sous une bonne pluviométrie atteint les 2 millions de tonnes.  Tous comme le mil, cette culture souffre du changement climatique qui entraîne une baisse du rendement.

Le maïs

La culture du maïs est peu développée au Niger. En 2018, la production totale était de 6 000 tonnes et était en baisse par rapport aux années précédentes.

Le riz                                                    

Le riz est essentiellement cultivé dans les plaines marécageuses et au bord du fleuve Niger. Sa production bien qu’en augmentation constante peine toujours à couvrir les besoins de la population. En 2018, le pays avait produit 115 000 tonnes de riz pour des besoins locaux estimés à 400 000 tonnes.

Les produits maraîchers

Le maraîchage est très répandu au bord du fleuve Niger. Le pays produit ainsi du poivron, des carottes, des choux, de la salade, du piment, de la tomate qui sert à alimenter particulièrement les marchés urbains.

 

Les cultures d’exportations

Le niébé

Le niébé est une légumineuse qui se cultive dans toutes les régions du Niger. Le pays est d’ailleurs le second producteur dans la sous-région, juste derrière le Nigéria. La production annuelle moyenne est d’environ 1, 5 million de tonnes. Cette culture est exportée vers les autres pays de la sous-région à savoir le Ghana, le Togo et le Bénin.

Le sésame

La production du sésame est passée de 14 073 tonnes en 2000 à 66 278 tonnes en 2016. Compte tenu de la demande sur le marché international, le gouvernement est engagé depuis quelques années dans une politique de promotion de sa production.  Le sésame est exporté notamment vers les marchés d’Asie.

Le coton

Sur les dernières décennies, la production du Coton au Niger n’a cessé de chuter malgré un fort potentiel du secteur. La production tournait autour de 10 000 tonnes. En 2014, les autorités ont conclu un accord avec Geocoton, un groupe français spécialisé dans la culture du Coton pour restructurer et relancer le secteur.  L’objectif affiché est de doubler la production pour atteindre les 20 000 tonnes par an.

L’élevage

Au Niger le secteur de l’élevage est très développé, mais souffre du changement climatique et d’un manque d’attention des autorités compétentes. 

L’élevage est pratiqué par environ 90% de la population active comme activité professionnelle principale ou secondaire. La valeur du capital bétail tourne autour de 2000 milliards de francs CFA et les productions animales procurent à elles seules 22% des recettes d’exportation du Niger.

Dans les détails, le pays compterait environ un peu plus de 10 millions de Bovins, plus de 15 millions d’ovins ; environ 16 millions de caprins et autour de 3 millions de camelins.

La part du budget de l’élevage par rapport au budget national de l’état ne cesse de baisser. D’une moyenne de 4% à l’indépendance, elle tourne actuellement en dessous de 1%. Ajoutés à cela, le changement climatique et l’avancée du désert entraînent la raréfaction des pâturages.

Récemment, l’État est intervenu pour encadrer l’exportation du bétail.

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