Sécurité

La Haute autorité à la consolidation de la paix explique la commémoration du 24 avril

La Haute autorité à la consolidation de la paix explique la commémoration du 24 avril

(Niamey et les 2 jours) - Le 24 avril est la fête de la concorde au Niger. La date rappelle l’accord de paix signé entre l’armée et les rebelles touaregs le 24 avril 1995. Dans une interview accordée au journal officiel, le Président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (Hacp) initiatrice de cette fête nationale, le Colonel Mahamadou Abou Tarka, parle de la célébration de cette année. Il revient aussi sur le sens du 24 avril dans la vie sociopolitique du Niger.

La célébration officielle de ce jour férié au Niger se déroule cette année à Tchintabaraden, dans la région de Tahoua (à l’est de Niamey). L’édition 2017 est placée sous le thème de « la paix et l’unité nationale ». « C’est une fête extrêmement importante, car elle marque le retour définitif à la paix en 1995, avec la signature des accords de paix entre le gouvernement et les anciennes rébellions. À partir de ce jour, on considère que la paix est revenue au Niger », commente le président de la Hacp.

Quant à la nouvelle rébellion intervenue entre 2007 et 2008, la Hacp la classe dans le registre d’ « anomalie » puisque « le gouvernement de l’époque a refusé de négocier avec cette rébellion, étant entendu que les accords de paix ont été déjà conclus. » « D’ailleurs elle a fini assez rapidement. Les quelques combattants ont déposé les armes, ils ont bénéficié d’une amnistie. On considère que depuis les accords de 1995, il n’y a pas eu de remise en cause de l’unité nationale, » ajoutet-il.

Mahamadou Tarka est revenu sur la stratégie mise en place par son institution pour concrétiser cet accord de paix. Le premier concerne l’intégration des anciens combattants au sein des forces de défenses et de sécurité. « Il y a eu également l’insertion des ressortissants dans l’administration des zones touchées par la rébellion ; des bourses ont été octroyées aux ressortissants de ces zones, » informe-t-il tout en précisant des nominations aux postes officiels au sein des communautés frustrées.

Le second axe de maintien des promesses de l’accord est celui de la décentralisation étendue à l’ensemble du pays, une initiative qui a permis de renforcer le processus de démocratie dans le pays.

Le troisième axe concerne le développement accéléré des zones du nord. « C’est un axe qui n’a pas eu beaucoup de succès dans la mesure où le Niger est un pays pauvre. Les partenaires ont promis, mais très peu de choses a été réellement faites, » déplore-t-il tout en rassurant que le Hacp a mené tout de même des microprojets dans les zones vulnérables.

Le peuple touareg (région du centre majoritairement), qui représente environ 20% de la population nigérienne, s’est senti abandonné à son sort par les pouvoirs publics à un moment donné de l’histoire politique. Une frustration qui a donné naissance à une rébellion armée au Niger et au Mali. Bilan, plus de dix mille civils ont péri entre 1990 et 1996 dans cette résistance avec les armées des deux pays selon certaines sources. Des négociations ont permis de signer un accord le 24 avril 1995. En 2007, une faction touareg a encore repris les armes mais le calme est revenu après des mois de tension.

 

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