Sécurité

Réintégration d’ex-terroristes : « l’expérience nigérienne devrait faire école dans les pays du Sahel »

Réintégration d’ex-terroristes : « l’expérience nigérienne devrait faire école dans les pays du Sahel »

(Niamey et les 2 jours) - « La réintégration de plus d’une centaine de jeunes ex-Boko Haram issus du camp de Goudoumaria est le fruit d’un long processus initié par le Niger en élaborant une approche dédiée pour la démobilisation en leur fournissant des voies d’épanouissement socioéconomique », souligne Bakary Sambe.

Le directeur de Timbuktu Institute qui a ouvert son nouveau bureau à Niamey lors d’une récente conférence en partenariat avec Niamey et Les 2 Jours soutient que « ce pari gagné par le Niger n’était pas simple »

Répondant à notre rédaction, l’expert des réseaux transnationaux dans le Sahel explique que « ce type d’opération complexe, mené par le Ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum, exige souvent que l’on sache combiner les principes universels de responsabilité et d’acceptabilité, les ressources matérielles et financières et les approches proactives pour répondre aux besoins de toutes les parties impliquées ».

Pour lui, le Niger a très tôt compris que « le fait de placer les jeunes, ayant été poussés par le désarroi ou diverses vulnérabilités socioéconomiques dans les rangs djihadistes, à l’avant-garde des efforts de réintégration, a pu renforcer l’efficacité des solutions étatiques proposées». Il soutient, par ailleurs, que «l’expérience du Ministre Bazoum, originaire de Nguigmi, et sa connaissance du terrain des zones du Lac, en plus d’une intelligence des situations, sachant mesurer les enjeux entre impératifs sécuritaires et approche holistique, a dû peser sur la balance »

Selon Bakary Sambe, « ce résultat probant est le fruit d’un long processus », rappelant que le Niger qui a abrité dès novembre 2015, lors de l’inauguration de l’Université de Diffa, la première conférence régionale sur la culture de la paix dans le Bassin du Lac Tchad, à laquelle il avait pris part, « s’est donné les moyens d’une réflexion stratégique et des instruments permettant de tester des solutions alternatives au tout sécuritaire. La question de la réintégration était déjà posée à l’époque avant que les services du ministère lancent cette opération dès janvier 2017 ».

Pour Sambe, par ailleurs coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), « cette expérience figure désormais parmi les bonnes pratiques devant inspirer d’autres pays de la région si l’on sait qu’au Mali voisin, pourtant rudement frappé par le terrorisme, aucune structure de dé-radicalisation n’existait jusqu’en 2018 ». « L’expérience nigérienne adaptée à différents contextes, devrait, donc, nécessairement faire école », conclut Bakary Sambe.

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