Politique

Des acteurs de la société civile inculpés, ballet de condamnations, une journée « ville morte » le 2 avril

Des acteurs de la société civile inculpés, ballet de condamnations, une journée « ville morte » le 2 avril

(Niamey et les 2 jours) - Inculpation, hier, des figures de proue de la contestation populaire contre la Loi de finances 2018. Au Tribunal de Niamey, Moussa Tchangari, Ali Idrissa et Nouhou Arzika, arrêtés durant la manifestation interdite de dimanche, ont été inculpés et envoyés dans différentes prisons.

Les chefs d’inculpation sont : « complicité de destruction de biens publics et privés » et « organisation et participation à une manifestation interdite ».

Moussa Tchangari est envoyé à la prison de Ouallam (95 km de Niamey), Nouhou Arzika à la prison de Tillabéri (113km de Niamey) et Ali Idrissa à 180 km de Niamey. Me Abdourahamane Lirwana, avocat arrêté après son intervention sur la télévision Labari, a été envoyé à Daïkana sur le fleuve Niger.

Les avocats de la défense contestent la procédure et rapportent que le doyen des juges d’instruction avait préparé les mandats de dépôt avant l’audition des prévenus. Par conséquent, ils comptent introduire un recours pour qu’il soit dessaisi du dossier.

Les auditions continuent puisqu’il s’agit de 23 personnes arrêtées, dimanche, durant la manifestation.

Ballet de condamnations

Plusieurs voix s’élèvent pour condamner l’arrestation des responsables de la société civile. Après Amnesty International, hier, le Réseau ouest-africain des défenseurs des droits humains (ROADDH), le Réseau nigérien des défenseurs des droits humains (RNDDH) et le Collectif des organisations de défense des droits de l’Homme et de la démocratie (CODDHD) ont rendu public un communiqué conjoint. Ces organisations parlent « d’abus d’autorité et d’atteinte grave aux libertés publiques » et demandent la réouverture immédiate de la télévision Labari, fermée depuis dimanche soir.

Le Front pour la Restauration de la Démocratie et la Défense de la République (FRDDR) dit, de son côté, ne pas comprendre la logique d’interdiction de la marche du dimanche pour « raison de sécurité » et de trouble à l’ordre public alors que le congrès du PNDS (parti au pouvoir) s’est déroulé le même week-end (samedi). Le FRDDR réaffirme son soutien aux Journées d’action citoyenne (JAC) et appelle le peuple à observer la journée ville morte du 2 avril prochain.

Liberté de presse

Alors que la télévision Labari reste fermée, les organes membres du Cadre Indépendant de Concertation pour la Presse (CICP) se sont réunis en urgence, lundi dernier, pour se prononcer sur la situation dans le pays. Le CICP condamne ce qu’il appelle une entrave à la liberté de presse.

« Le 25 mars 2018, Samira Sabou, journaliste au quotidien indépendant "L’Enquêteur", a vu son matériel de reportage ainsi que sa carte professionnelle de presse que lui a délivrée le Conseil Supérieur de la Communication, confisqués par les éléments de la police, pendant qu’elle couvrait la journée d’action citoyenne du 25 mars 2018 des organisations de la société civile qui protestaient contre la Loi de finances 2018. Le même jour, en début de soirée, des éléments de la police ont fermé les locaux du groupe de presse "LABARI" », narre le CICP qui demande la réouverture immédiate de la chaîne de télévision privée.

Guevanis DOH

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