Justice

Le syndicaliste Maïkoul Zodi arrêté, Amnesty International dénonce une série d’arrestations arbitraires

Le syndicaliste Maïkoul Zodi arrêté, Amnesty International dénonce une série d’arrestations arbitraires

(Niamey et les 2 jours) - Maïkoul Zodi (photo), une figure de proue de la société civile, a été arrêté ce mercredi par la Police judiciaire pour « concussion » présumée.

« Notre camarade Maïkoul a été arrêté ce mercredi vers 06h30 (05h30 GMT) et on lui reproche de percevoir indûment (depuis plusieurs mois) un salaire sans travailler.», informe sur une station locale Issa Garba, un autre acteur de la société civile.

Maïkoul Zodi avait représenté la société civile à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) lors de la Présidentielle de 2016 et avait occupé le poste de «Rapporteur général ». En mars, il démissionne de l’institution dénonçant une «violation» de la loi électorale par le Président de cette institution.

Selon Issa Garba, M. Zodi, Professeur de collège de fonction, a sollicité auprès de son ministère, « un nouveau poste d’affectation» après sa démission de la Ceni. Une requête à laquelle « à ce jour le ministère ne lui a pas répondu».

M. Zodi est à la tête d’un collectif de la société civile ayant mené plusieurs manifestations de rue contre le gouvernement, ces derniers mois. Sa dernière action remonte à la semaine passée. En effet, il fait partie du collectif de la société civile ayant déposé une « plainte contre X » pour réclamer une enquête judiciaire sur une affaire présumée de vente douteuse d’uranium (Uranium Gate).

Une arrestation qui fait suite à celle, le 30 mars dernier, du journaliste et syndicaliste, Baba Alpha et qui n’est pas du goût des autres organisations de la société civile.

Amnesty International dans un communiqué publié ce jeudi, demande à « mettre fin à la série d’arrestations arbitraires de voix dissidentes». «Ces arrestations arbitraires témoignent d'une nouvelle tentative de museler la liberté d’expression. Le message adressé à ces voix dissidentes du Niger est clair : s’exprimer librement sur la situation économique et sociale et exiger la transparence dans la gestion des affaires publiques pourraient vous conduire en prison.», a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de Campagnes sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Même son de cloche chez l’Ong internationale « Tournons la Page » et sa branche nigérienne qui se disent « profondément préoccupées par l'arrestation.»

Pour rappel, le Niger occupe la 52ème place en matière de liberté de presse dans le monde (selon Reporters sans frontières).

Guevanis DOH

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