Gouvernance économique

Le Maroc en opération de charme au Niger en vue de son adhésion à la CEDEAO

Le Maroc en opération de charme au Niger en vue de son adhésion à la CEDEAO

(Niamey et les 2 jours) - Ayant déjà obtenu l’accord de principe des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour son adhésion à cette sous-région, le Maroc doit encore pourtant convaincre sur le bien-fondé de cette intégration. C’est dans cette optique qu’à travers son ambassade au Niger, le Maroc a organisé le 27 octobre dernier une conférence à Niamey sur le thème « Adhésion du Maroc à la CEDEAO : Concrétisation d’une réalité et ambition d’une émergence collective ».

Il a été question au cours de ce débat de montrer au secteur privé ainsi qu’aux autorités les implications et les avantages d’une adhésion du Maroc, un pays à économie intermédiaire, à la CEDEAO.

« Le Maroc, qui s’affirme comme premier investisseur en Afrique de l’Ouest, ne conçoit pas cette communauté comme un débouché pour ses propres exportations, mais il entend contribuer, de manière encore plus directe, aux activités de la CEDEAO, et lui apporter sa plus-value dans divers domaines, notamment militaires, sécuritaires, le progrès socio-économique et le développement humain », a soutenu Allal El Achab, Ambassadeur du Royaume du Maroc au Niger.

Il poursuit, « le poids de la CEDEAO est de 630 milliards de dollars, ce qui la place en tant que 21ème PIB mondial. En intégrant le Maroc, la CEDEAO gagnera 115 milliards de dollars et deviendra la 16ème économie dans le monde, avec un PIB avoisinant 745 milliards de dollars ».

Bien plus, a-t-il indiqué, le Maroc constituera un débouché pour les entreprises des pays de la CEDEAO, ainsi qu'une plateforme vers l'Europe et les pays arabes, voire les Etats-Unis, pour les exportateurs de la sous-région.

Le diplomate marocain a, par ailleurs, précisé que le Royaume chérifien ne constitue aucune menace commerciale pour la CEDEAO, puisque 6% seulement des exportations marocaines sont destinées aux 16 pays membres de la région. En revanche, 65% des investissements extérieurs du Maroc sont dirigés vers les pays de la CEDEAO, ce qui en fait le premier investisseur africain dans la région. 

Des avantages qui, selon le Maroc, démontrent que son intégration dans la CEDEAO sera gagnant-gagnant pour les différentes parties, dans les domaines prioritaires des pays de la CEDEAO comme la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, l’agriculture, l'habitat et les infrastructures.

Cette opération de séduction du Maroc à Niamey lui a visiblement permis de marquer des points auprès des opérateurs économiques nigériens suffisamment représentés à cette conférence. Mais, malgré tout, il y a encore quelques réticences, tant sur le plan douanier que réglementaire. 

« Pour l’instant, le premier obstacle est d’ordre législatif. Il faut une certaine harmonisation des textes. Car, le Maroc, tout comme la CEDEAO, a signé des accords avec d’autres pays dans le cadre des accords de libre-échange. Il faut voir comment ces contrats vont continuer une fois que le Maroc va adhérer à la CEDEAO. Parce qu’il y aura un certain nombre d’exigences de la CEDEAO que le Maroc va respecter », a expliqué le Pr Malam Maman Nafiou, Maitre de conférences, agrégé en économie. 

Pour rappel, c’est en juin 2017 que le sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO a donné son accord de principe pour l’adhésion du Maroc à la communauté. Bien qu’aujourd’hui, cette adhésion soit considérée comme une réalité pour le Maroc, il lui faudra encore convaincre. Raison pour laquelle d’autres conférences sont prévues après celle organisée au Niger.

SG

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