Finances publiques

L’opposition parlementaire fait des propositions pour améliorer la loi des finances 2018

L’opposition parlementaire fait des propositions pour améliorer la loi des finances 2018

(Niamey et les 2 jours) - Le groupe parlementaire Zam Zam Lumana – Hankouri regroupant plusieurs partis de l’opposition dont Moden Lumana (le principal parti d’opposition), a organisé un point de presse, il y a quelques jours. Cette sortie est la première face aux hommes des medias depuis que le sujet défraie la chronique.

« Depuis l’avènement du régime de la 7ème République, le processus budgétaire au Niger a toujours été caractérisé par d’importants écarts entre les prévisions des crédits budgétaires et les dépenses réellement effectuées d’une part, et entre les résultats attendus et ceux atteints d’autre part.», dit le communiqué dans lequel l’opposition fait savoir sa position : « L’opposition refuse que le citoyen lambda paie l’inconséquence des politiques mal adaptées, menées par une oligarchie qui rechigne à donner l’exemple.»

Se prononçant dans le fond, le groupe parlementaire pense qu’une baisse notable des dépenses de l’Etat, un allègement des charges fiscales (notamment pour la couche sociale vulnérable), et une « diminution des cadeaux fiscaux consentis aux entreprises et autres firmes multinationales », constitueront des mesures allégeant les conditions de vie des populations.

Propositions

Parmi les mesures précises que propose le groupe Zam Zam Lumana, figurent « la réduction du train de vie de l’Etat qui passe inévitablement par la diminution de la taille du gouvernement ; la maitrise des dépenses du personnel qui croissent malgré la mise en veille des recrutements ; l’arrêt de la course à un endettement incontrôlé et irrationnel du pays et la prise de mesures hardies pour l’apurement de la dette intérieure».

Concernant la dette intérieure, l’opposition parlementaire informe que sur les 228 milliards prévus pour le service de la dette publique, 50,4%, soit 115 milliards de Fcfa sont destinés au remboursement des emprunts obligataires à court terme. Lesquels emprunts, selon elle, servaient uniquement au paiement des salaires et pécules.

Le groupe Zam Zam Lumana propose aussi l’arrêt de la politisation à outrance de l’administration qui impacte négativement sur les taux de consommation des crédits dont les niveaux atteignent des seuils inquiétants. Une situation qui, selon elle, n’encourage pas l’augmentation des appuis par les partenaires.

« En 2016 le taux de réalisation des investissements extérieurs n’est que de 37,49% et tout laisse supposer la détérioration de ce taux pour l’année 2017 car au 30 juin 2017, il n’est que de 8,13%.», ajoute-t-elle.

Le groupe propose également une amélioration du niveau de recouvrement des impôts et taxes et la suppression des cadeaux fiscaux. « A cet effet il y a lieu de revoir la suppression pure et simple de la Taxe sur la terminaison du trafic international entrant (Tattie) et de la Taxe sur l’utilisation de réseaux de télécommunications (Turtel), de reconsidérer la modification du mode d’imposition à l’IMF des marketeurs et promoteurs indépendants exerçant dans la distribution des hydrocarbures.», ajoute-t-on.

L’opposition propose également de « décrocher de la présidence de la République, la multitude de projets et programmes ainsi que certaines administrations de mission qui s’apparentent à un gouvernement parallèle qui échappe à ce contrôle».

La loi des finances 2018 occupe l’actualité nationale depuis sa publication le mois dernier. Les mesures d’élargissement de l’assiette fiscale n’ont pas laissé indifférente l’opinion publique qui a manifesté son mécontentement. Pour l’heure, le texte est toujours en discussion au Parlement.

Guevanis DOH

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