Finances publiques

Les faits et gestes du gouvernement qui prouvent que la Loi de finances 2018 sera maintenue, malgré la grogne

Les faits et gestes du gouvernement qui prouvent que la Loi de finances 2018 sera maintenue, malgré la grogne

(Niamey et les 2 jours) - Cela fait au moins trois mois que l’opposition et une partie de la société civile expriment leur mécontentement, par rapport à la Loi de finances 2018, qu’elles jugent antisociale. « Nous irons jusqu'au bout », disait encore Mariama Bayard, la patronne du Front de l'opposition indépendante (Foi), dimanche dernier, durant une manifestation qui a mobilisé trois centrales syndicales.

Des manifestations, des meetings, sit-in sont organisés et mobilisent du monde dans les rues de toutes les villes. Mais, droit dans ses bottes, l’Etat se montre intransigeant face aux réserves émises par l’opposition. Une situation qui pollue l’atmosphère sociopolitique, mais devant laquelle l’Etat ne compte visiblement pas faire de concessions. Zoom sur des faits et gestes qui prouvent que le gouvernement maintiendra, non seulement le cap, mais passera à la vitesse supérieure, les années prochaines.

La pression fiscale adoptée, dans le cadre de la Loi de finances 2018, est passée de 13 à 16,2%. Ce qui suppose la taxation de plusieurs produits importés et la fiscalisation de plusieurs autres secteurs de la vie socio-économique, comme on le constate actuellement.

Devant les partenaires au développement, le ministre des Finances, Hassoumi Massaoudou, a laissé entendre que la loi n’est pas antisociale. « Toutes ces mesures concernent les villes. Donc, ça concerne un secteur qui n’était pratiquement pas fiscalisé et qui fait 59% du PIB, et qui concerne les marchés, tous ces marchés que vous voyez, Katako, etc. Toutes ces activités n’étaient pas du tout fiscalisées. Est-ce que cela est normal », s’est-il interrogé devant les partenaires, avant d’ajouter qu’il n’est pas normal que le Niger continue par compter sur l’appui budgétaire (des partenaires).

« C’est un moment essentiel pour qu’il y ait un changement de culture par rapport à l’impôt, parce qu’en réalité, ceux qui aujourd’hui sont dans la rue considèrent que payer l’impôt est illégitime », a-t-il conclu.

Bien avant cette sortie récente du ministre des Finances, le gouvernement disait tout haut ce qu’il pensait du niveau de la pression fiscale du pays. Le 8 décembre dernier, en marge du Forum économique international des Amériques, à Paris, Mahamadou Issoufou a annoncé devant les partenaires que « le Plan de développement économique et social 2017-2021 est bâti sur une hypothèse de progression continue du taux de pression fiscale qui passerait de 15-16%, actuellement, à 20% en 2021Au-delà de cette date, les efforts doivent être poursuivis pour porter ce taux à 25-30% ».

Il a expliqué, en outre, que pour hisser le pays sur la voie du développement, il est nécessaire de restructurer l’économie nationale en maitrisant les dépenses publiques, tout en mobilisant plus de ressources internes. « D’importantes réformes sont en cours dans les régies financières telles que l’interconnexion des régies, l’interconnexion des bureaux de douanes avec les ports des pays de transit, la suppression des valeurs administratives en douane, l’institution d’une taxe d’habitation basée sur la puissance du compteur électrique, la réduction des exonérations, la mise en place des budgets-programmes, le contrôle a priori des marchés publics, etc.»

Cette sortie a été suivie d'un discours prononcé le 17 décembre, veille de la fête de la République. Se félicitant du succès de la table ronde de Paris pour le financement du PDES 2017 – 2021, Mahamadou Issoufou a répété que la mise en œuvre de ce plan occasionnera l’augmentation de la pression fiscale qui oscillera entre 18 et 20%, d’ici 2020.

C’est dire, en termes clairs, que l’augmentation des impôts va s’accroître au fil des années pour « permettre à l’Etat d’avoir des ressources ».

Autre fait qui prouve cette fermeté du gouvernement à maintenir son plan d’action fiscal, la manifestation de rue que les partis, membres de la coalition au pouvoir, comptent organiser, dimanche prochain, à Niamey, pour dit-on « soutenir les actions du gouvernement, notamment la mise en œuvre de la Loi de finances ».

Guevanis DOH

Cabinet Specialise Enquete

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