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Mali : la nouvelle junte militaire appelle à une transition civile devant aboutir à des élections crédibles

Mali : la nouvelle junte militaire appelle à une transition civile devant aboutir à des élections crédibles

(Niamey et les 2 jours) - La nouvelle junte militaire au pouvoir au Mali tente de rassurer l’opinion publique et la communauté internationale en appelant à la mise en place d’une transition politique civile en vue d’aboutir à des élections générales crédibles dans le pays.

Le désormais ex-président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), a finalement démissionné dans la nuit du mardi 18 août après le déclenchement d’une mutinerie qui a conduit à son arrestation. Malgré, les condamnations de la CEDEAO, de l’ONU, de la France, et des Etats-Unis, IBK a finalement été contraint à la démission comme en témoignent ses propos.

« Si aujourd'hui il a plu à certains éléments de nos forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? M'y soumettre, car je ne souhaite qu'aucun sang soit versé pour mon maintien aux affaires. C'est pourquoi je voudrais en ce moment précis tout en remerciant le peuple malien pour son accompagnement le long de ces longues années, la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions à partir de ce moment, et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l'Assemblée nationale et celle du gouvernement », s’est-il exprimé lors d’une déclaration faite sur les antennes de la télévision nationale, l’ORTM.

Un scénario qui permet en fait à la nouvelle junte au pouvoir au Mali de masquer ce qui s’apparente à un véritable coup d’Etat militaire. Surtout face au protocole additionnel de la CEDEAO sur la bonne gouvernance et la démocratie qui interdit la prise de pouvoir par la force contre des gouvernements démocratiquement élus.

La CEDEAO qui avait indiqué dans un communiqué qu’elle prendrait « toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel par le rétablissement des institutions démocratiquement élues », a même décidé ce mercredi de la suspension du Mali de tous ses organes de décision « avec effet immédiat » jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel.

L’organisation sous-régionale qui affiche une certaine fermeté a par ailleurs, engagé sa Commission « à mettre en œuvre immédiatement un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs », et décidé « de dépêcher une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel » au Mali.

Dénommée Comité national pour le salut du peuple (CNSP), la nouvelle junte militaire a assuré ne pas tenir au pouvoir et vouloir organiser des élections. Pour ce faire, elle a appelé à une transition civile devant permettre d’organiser des élections.

« La société civile et les mouvements sociopolitiques sont invités à nous rejoindre pour ensemble créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles, conduisant à l’exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un Mali nouveau », a déclaré le colonel-major Ismaël Wagué dans une déclaration télévisée.

Tentant également de rassurer la communauté internationale face à la pression diplomatique qui s’annonce, les militaires ont demandé aux organisations sous-régionales de les accompagner « pour le bien-être du Mali » tout en faisant remarquer que « la Minusma, la force Barkhane, le G5 Sahel et la Force Takuba demeurent nos partenaires pour la stabilité et la restauration de la sécurité ».

La junte a par ailleurs, fait un geste d’apaisement en faveur de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), une alliance de groupes rebelles créée au Mali, et de la Plateforme à les rejoindre pour « la mise en œuvre efficiente de l’accord issu du processus d'Alger ».

Avec ce changement brutal à la tête du pays, le Mali s’engage à nouveau dans un délicat processus de transition dans un contexte sécuritaire et économique particulièrement difficile. En 2020, la croissance économique du pays devrait chuter à 1,5%, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) contre 5,1% en 2019.

Borgia Kobri

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