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Côte d’Ivoire : la filière banane se réinvente pour faire face aux évolutions du marché européen et à la concurrence des pays latino-américains

Côte d’Ivoire : la filière banane se réinvente pour faire face aux évolutions du marché européen et à la concurrence des pays latino-américains

(Niamey et les 2 jours) - Le ministre ivoirien de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, s’est récemment félicité du succès des deux phases pilotes du programme des Mesures d’accompagnement de la banane (MAB) mis en œuvre en Côte d’Ivoire. C’était à l’occasion des dernières journées de l’agriculture décentralisées (JAAD).

L’objectif visé par ce programme consiste en la relance de la filière banane dessert dans le pays. Ceci dans le but d’affronter les évolutions du marché européen, ainsi que la concurrence de la banane dessert en provenance des pays latino-américains sur ce marché.

Une nécessité vitale pour la Côte d’Ivoire qui occupe le 1er rang d’exportateur de bananes dessert vers le marché européen, soit près de 25% des volumes totaux d’exportation des pays de la zone Afrique–Caraïbes-Pacifique (ACP).

Financées à hauteur de 7 milliards FCFA (environ 10,6 millions d’euros) par l’Union européenne (96,7%) et (3,3%) par la Société de culture bananière (SCB), partenaire technique en charge de l’exécution du projet, ces phases pilotes ont permis la création de deux blocs de 200 ha de bananeraies chacun, entièrement aménagés et équipés avec les infrastructures modernes adoptées par la filière sur les sites de N’douci (localité située au sud du pays) et de Niakaramandougou (située au nord).

Au total, ce sont 20 jeunes entrepreneurs ruraux qui ont été installés sur 20 ha chacun et regroupés en organisation professionnelle agricole (OPAV) afin de gérer en commun toutes les infrastructures créées. Ces phases pilotes ont également permis la création d’environ 400 emplois directs, ainsi que la construction de près de 400 logements pour les planteurs et leurs travailleurs.

Selon Mamadou Sangafowa Coulibaly, « au cœur de cette relance, il s’agit de regrouper des petits planteurs sur des blocs de culture leur permettant de mutualiser toutes les infrastructures de production et de disposer, individuellement, de parcelles économiquement rentables avec l’appui technique des plantations industrielles ».

Par ailleurs, « il s’agit, à terme, de mettre en place 1600 hectares de bananes dessert pour l’installation de jeunes producteurs appelés à devenir de véritables entrepreneurs ruraux vivant de leur métier », a-t-il fait remarquer.

Notons que les « Mesures d'accompagnement de la banane » s’inscrivent globalement dans le cadre de la libéralisation totale du marché européen de la banane, instaurée depuis 2006, et tout particulièrement dans le contexte de la baisse des droits de douane des pays NPF (Nation la Plus favorisée) qui devraient passer de 176 €/T en 2009 à 75 € /T en 2020.

Le programme a été adopté en 2010 par la Commission européenne pour permettre aux pays ACP fournisseurs de bananes sur le marché européen de faire face à la diminution des droits de douane des NPF. Dix pays ACP sont bénéficiaires des « Mesures d’accompagnement de la banane » dont 3 africains (Côte d’Ivoire, Cameroun et Ghana) pour un montant global de 190 millions d'euros.

La dotation de la Côte d’Ivoire est de 44,75 millions d’euros. Cette enveloppe devrait contribuer au financement du plan stratégique de la filière banane, adopté par le gouvernement ivoirien en septembre 2010, et dans lequel les « Mesures d'accompagnement de la banane » s’inscrivent complètement. La Convention de Financement pour la mise en œuvre des MAB en Côte d’Ivoire fut signée le 10 juin 2013.

La contribution de l’Etat de Côte d’Ivoire au financement du Programme est d’environ 492 millions FCFA, soit 750 000 euros, portant ainsi le budget total du programme à environ 29,8 milliards FCFA, soit 45,5 millions d’euros.

André Chadrak

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