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Mali : situation confuse à Bamako après le déclenchement d’une mutinerie

Mali : situation confuse à Bamako après le déclenchement d’une mutinerie

(Niamey et les 2 jours) - Une situation confuse règne ce mardi à Bamako après le déclenchement d’une mutinerie à partir de la ville garnison de Kati. Les services publics ont été évacués tandis que des centaines de manifestants ont commencé à se regrouper à la suite d’appels à la mobilisation populaire.

Le Mali est secoué depuis ce matin par des événements qui s’apparentent à une mutinerie, laissant craindre un possible coup d’Etat militaire dans ce pays qui traverse depuis plus de deux mois, une grave crise sociopolitique.

Tôt ce matin, des tirs nourris ont été entendus dans la ville garnison de Kati située à environ 15 Km de Bamako – d’où est parti le coup d’Etat qui a renversé l’ex-président, Amadou Toumani Touré, le 22 mars 2012 - et dans le camp de la Garde nationale à Tomikorobougou.

Des convois de véhicules militaires acclamés par la population se sont par la suite dirigés vers la capitale malienne, rapportent des témoins.

Certaines sources non confirmées font par ailleurs, état de l’arrestation de plusieurs hauts gradés de l’armée ainsi que de certains dignitaires du régime. La cité administrative qui abrite plusieurs ministères, et l'ORTM, la radio-télévision nationale, ont également été évacués.

Les représentations diplomatiques ont quant à elles, recommandé à leur personnel et ressortissants d’éviter tout déplacement dans la ville.

Les marchés, les boutiques et les banques sont fermés à Bamako tandis que des centaines de manifestants commencent à se rassembler à la Place de l'indépendance où des appels à la mobilisation populaire ont été lancés.

Selon des médias locaux, la mutinerie en cours à Bamako serait portée par quatre officiers, à savoir : le Colonel Diaw, le Colonel Sadio Camara, le Général Cheick Fanta Mady Dembélé, et le Colonel Mama Sekou Lelenta. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées.

Aucune déclaration des autorités gouvernementales n’a jusque-là été faite ajoutant à la confusion qui règne dans la capitale malienne.

Depuis le 5 juin, le Mali est secoué par une succession de manifestations de rue réclamant la démission du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), dirigées par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP).

Malgré la médiation de la CEDEAO et les menaces de sanctions contre les contrevenants à ces recommandations de sortie de crise, aucun consensus ne semble être accepté par les parties.

Borgia Kobri

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