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Guinée : toute la chronologie de 20 années d’échecs sur Simandou, le plus grand gisement de fer inexploité au monde

Guinée : toute la chronologie de 20 années d’échecs sur Simandou, le plus grand gisement de fer inexploité au monde

(Niamey et les 2 jours) - LE PITCH

Lorsqu’en octobre 2016, Rio Tinto (2e plus grande compagnie minière au monde) annonce qu’elle quitte définitivement le projet de fer Simandou, c’est la réalisation d’un rêve national qui est remise aux calendes grecques. En effet, malgré tous les problèmes dont a souffert (et continue de souffrir) ce projet, considéré comme le plus grand gisement inexploité de fer au monde, les potentialités et chiffres annoncés sont trop grands pour que le peuple guinéen désespère.

Au nord (bloc 1 et 2), on annonce des réserves minérales de plus de 5 milliards de tonnes de fer alors qu’au sud (bloc 3 et 4), on parle d’un gisement de fer à haute teneur (65,5%) disposant d’une capacité de production annuelle s’élevant à 100 millions de tonnes en pleine production pendant plus de 40 ans. Selon un rapport de 2014, le projet devrait générer environ 7,5 milliards $ de revenus, et augmenterait de 5,6 milliards $ le produit intérieur brut de la Guinée, ce qui aurait donné au pays la plus forte croissance dans le monde.

Depuis le début de cette épopée en 1997, plusieurs régimes politiques se sont succédés, plusieurs compagnies s’y sont mis, mais le développement du gisement est sans cesse retardé par de nombreuses affaires de corruption. Et la chute mondiale des prix des matières premières en 2015 n’arrange rien à la situation.

Chronique des grands rebondissements d’un feuilleton qui captive les attentions depuis près de deux décennies…

Février 1997

Rio Tinto arrive en Guinée

Le 25 février 1997, le gouvernement guinéen accorde à Rio Tinto quatre permis miniers pour mener des recherches afin d’examiner les potentialités du gisement de fer de Simandou et de déterminer les possibilités d’une exploitation et d’une commercialisation. Les titres miniers portent sur quatre blocs, en l’occurrence les blocs 1, 2, 3 et 4 couvrant au total une superficie de 1460,97 km2.

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Mai 2000

Rio Tinto rétrocède la moitié du périmètre des permis

Le 30 mai 2000, le gouvernement retire à Rio Tinto la moitié de la superficie couverte par les permis initiaux de recherche. En effet, selon le code minier guinéen de 1995, toute société détentrice de permis miniers dans le pays, doit, après trois années de recherche, rétrocéder la moitié de la zone couverte par ses titres pour un renouvellement.

Ainsi, de 1460,97 km2, la superficie couverte par les permis miniers détenus par le géant minier est réduite à 738 km2.

Octobre 2002

Premières controverses

Le 16 octobre 2002, Rio Tinto obtient un nouveau renouvellement de deux ans de ses permis miniers. Cependant, alors que le code minier prévoit en cas de renouvellement, une rétrocession de la moitié de la zone couverte par les permis, la clause n’est pas respectée.

En effet, en mai 2002, lorsque ses permis miniers ont expiré, Rio Tinto a introduit une demande de dérogation auprès de l’administration minière pour obtenir, lors du nouveau renouvellement, le maintien de totalité de zone de 738 km2. Elle obtient donc gain de cause et est autorisée à conserver les 369 km2 qui devaient lui être retirés.

Mars 2006

Octroi d’une concession minière à Rio Tinto

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Le 30 mars 2006, après des années de négociations, une concession minière est accordée à Rio Tinto en lieu et place des permis de recherches initiaux.

En 2002, lors du renouvellement de ses permis, Rio Tinto introduit une convention de base, signée en fin d’année et ratifiée par l’Assemblée en 2003, qui définit les conditions d’exploration, d’exploitation et de transport du fer de Simandou. Parmi les modalités de la convention, la compagnie demande une concession sur la zone couverte par ses permis, dans un délai de 90 jours.

Cependant, ce délai n’est pas respecté car le gouvernement hésite avant d’accéder à la requête de la compagnie, en rendant toute rétrocession (comme le prévoit la loi) hypothétique.

Juillet 2008

Rio Tinto se voit retirer la moitié de sa concession minière

Le 28 juillet 2008, Lansana Conté, alors président sénile de la Guinée, signe un décret qui retire à Rio Tinto, les blocs 1 et 2 de Simandou, soit 50% de la concession qu’elle a obtenue en 2006. Les raisons avancées par le chef de l’Etat sont les «progrès insuffisants» réalisés par la compagnie en ce qui concerne les travaux.

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Lansana Conté, président de la Guinée.

M. Conté explique que les blocs retirés à la société sont ceux qu’elle a jugés de peu d’importance et qui n’ont pas fait l’objet de travaux importants. La compagnie y a seulement réalisé la cartographie, quelques sondages et des levés magnétométriques.

«Les diverses contestations soulevées par l’octroi, le 30 mars 2006, d’une concession à SIMFER, ont abouti le 28 juillet 2008 à la signature d’un décret qui a retiré à SIMFER sa Concession en la remettant dans le statut d’un simple détenteur de permis de recherches», ajoute un conseiller juridique du gouvernement.

Décembre 2008

BSGR acquiert Simandou Nord

Le gouvernement cède à BSG Resources (BSGR), compagnie du milliardaire israélien Beny Steinmetz les blocs 1 et 2 du projet Simandou, retirés à Rio Tinto, en contrepartie d’un investissement, apprend-on, de 160 millions $.

BSGR flaire déjà le potentiel du minerai de fer guinéen depuis 2006. La compagnie était déjà active dans le pays sur la mine Zogota. C’est notamment grâce au succès réalisé à Zogota en moins de 3 ans, que les blocs lui ont été attribués.

Mars 2010

Chinalco conclut un accord pour former une coentreprise avec Rio Tinto sur Simandou Sud

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Le siège de Chinalco.

Rio Tinto et Chinalco signent un protocole d’accord pour former une joint-venture afin de développer le projet de fer Simandou. Selon les termes de l’accord, Chinalco versera une somme de 1,35 milliard $ pour acquérir une participation de 44,65% dans le projet.

Rio Tinto qui détenait à 95% le projet, voit sa participation réduite à 50,35%, les 5% restants appartenant à la Société Financière Internationale (SFI), branche de la Banque mondiale qui investit dans le secteur privé.

Il faut par ailleurs souligner que le gouvernement guinéen détient l’option d’acquérir jusqu’à 20% du projet. Toute participation qu’il acquerra aura pour effet de réduire proportionnellement les parts des autres partenaires.

Mai 2010

BSGR vend 51% de Simandou Nord à Vale

BSGR et Vale, leader mondial de la production de fer, concluent un accord pour l’acquisition par le second de 51% de participation dans Simandou Nord, pour un montant total estimé à 2,5 milliards $.

Selon les termes de l’accord, 500 millions $ ont été payés immédiatement. La compagnie brésilienne s’engage à aider Beny Steinmetz dans le développement du gisement où il aurait identifié des réserves prouvées de 3 milliards de tonnes de fer. Les deux sociétés forment une joint-venture, dénommée VBG pour développer conjointement le projet.

Le gouvernement guinéen conteste la légitimité de cette transaction qui a vu BSGR céder pour 2,5 milliards de $ la moitié d’une concession achetée 6 mois plus tôt 160 millions $, soit 14 fois moins.

Cependant, le gouvernement guinéen conteste la légitimité de cette transaction qui a vu BSGR céder pour 2,5 milliards de $ la moitié d’une concession achetée 6 mois plus tôt 160 millions $, soit 14 fois moins.

Avril 2011

Le gouvernement guinéen et Rio Tinto concluent un accord majeur de règlement de conflit

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Alpha Condé, nouveau président de la Guinée.

Alpha Condé, nouveau président de la Guinée, élu en décembre 2010, signe un accord pour régler tous les différends sur le projet Simandou. 
Les problèmes avaient commencé en août 2010, lorsque le ministère des mines avait interdit au géant minier, l’accès aux sites de construction des infrastructures ferroviaires et portuaires du projet sous le prétexte qu’ils ont été ouverts à d’autres opérateurs miniers.

Selon les termes de l’accord de règlement de conflit, Simfer, la filiale de Rio Tinto opérant sur le projet, accepte de rétrocéder la moitié de son périmètre de concession à l’Etat. Elle s’engage également à produire le premier minerai du gisement avant décembre 2014 et atteindre l’étape de production commerciale avant fin juin 2015.

En outre, la société s’engage à verser 700 millions $ d’impôts à l’Etat, pour purger tous les contentieux survenus entre les deux parties.

2011-2013

Des allégations de corruption mènent à un bras de fer entre BSGR et le gouvernement

Le nouveau gouvernement d’Alpha Condé crée un Comité Technique de Revue des Titres et Conventions Miniers (CTRTCM), pour examiner les permis miniers accordés sous le régime de Lansana Conté. Ledit comité a lancé des enquêtes pour vérifier si BSGR a versé des pots-de-vin pour l’obtention de ses titres miniers de Simandou Nord.

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Selon la compagnie de M. Steinmetz les autorités guinéennes l’ont empêché de poursuivre sa joint-venture sur les blocs 1 et 2 de Simandou avec Vale.

Réagissant aux premières accusations de corruption, BSGR dénonce en termes vifs, une manœuvre du gouvernement guinéen tendant à l’évincer après le rejet par Conakry de son projet d’investissement dans le pays. Selon la compagnie de M. Steinmetz les autorités guinéennes l’ont empêché de poursuivre sa joint-venture sur les blocs 1 et 2 de Simandou avec Vale, à laquelle elle a cédé 51% de ses parts, et surtout « d’exercer leurs droits contractuels qui leur ont été attribués de façon légale ».

Le gouvernement guinéen ne reconnaît pas la légitimité de cette cession à Vale. En difficultés, BSGR clame que des progrès considérables ont été fait sur les blocs1 et 2 de Simandou avec un investissement de plus de 600 millions de dollars et assure que la phase de commercialisation était fixée à fin 2012.

Août 2013

Rio Tinto cherche à reprendre ses deux blocs de minerai de fer attribués à Vale et BSGR

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Sam Walsh, déclare que son groupe souhaiterait reprendre ses deux blocs du gisement de fer de Simandou en Guinée.

Le 8 août, le directeur général du géant minier anglo-australien Rio Tinto, Sam Walsh, déclare que son groupe souhaiterait reprendre ses deux blocs du gisement de fer de Simandou en Guinée. « Nous savons qu'il y a du minerai de fer là-bas et ce serait sans aucun doute intéressant pour nous », a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Septembre 2013

Rio Tinto retarde de trois ans la production à Simandou Sud

Le géant minier Rio Tinto retarde « d’au moins trois ans », soit jusqu’à 2018, la première production de l’immense gisement de fer de Simandou situé dans le sud-est de la Guinée. Préalablement, 2015 avait été retenue pour ce début de production après que la compagnie et le gouvernement guinéen eurent réglé, en 2011, leur différend.

« Nous estimons aujourd’hui que, si tout allait très bien, la production pourrait intervenir rapidement, vers 2018 », explique Alan Davies, chef de division diamant et minerais chez Rio Tinto et responsable en charge de la mine Simandou.

Avril 2014

Vale et BSGR sont accusés de corruption et perdent leurs titres miniers

Suite à une recommandation du comité guinéen chargé d’étudier les conditions d’octroi des licences minières, la joint-venture Vale BSGR se voit retirer ses titres miniers acquis en 2008. Le Comité technique de revue des titres et conventions miniers (CTRTCM), qui avait été mis en place après l’élection du président Alpha Condé fin 2010, explique que les titres miniers détenus par la société VBG (coentreprise entre BSGR et Vale) sur les gisements de Simandou (blocs 1 et 2) et de Zogota «ont été obtenus à la suite de pratique de corruption».

Les gisements de Simandou (blocs 1 et 2) et de Zogota «ont été obtenus à la suite de pratique de corruption».

Le CTRTCM résume, dans un rapport de 30 pages, le regard que porte Conakry sur une affaire qui mobilise depuis un an, aussi bien le FBI que la justice suisse. «Il existe un ensemble d’indices précis et concordants établissant avec une certitude suffisante des pratiques de corruption entachant l’octroi à BSGR des titres miniers et de la convention minière pour les gisements de Simandou comme pour ceux de Zogota», ont écrit les auteurs du rapport.

Arrêté aux Etats-Unis, un citoyen français au cœur de l’enquête internationale avouera avoir tenté d’acheter le silence d’un témoin clef : la quatrième épouse du précédent chef d’Etat guinéen, Lansana Conté. Cette dernière a, selon le témoin, «usé de son influence pour inciter l’ancien président guinéen à donner des instructions au Ministre des mines afin que des titres et des conventions minières soient délivrés à BSGR». En 2006, un an après l’arrivée du groupe dans le pays, celle-ci avait commencé à «bénéficier de versements substantiels, de titres miniers, de droits gratuits de participation», notamment via cet intermédiaire français.

Avril 2014

Rio Tinto porte plainte contre Vale et BSGR à propos des blocs 1 et 2 de Simandou

Rio Tinto porte plainte contre Vale et BSGR, estimant illégale la manière dont les blocs 1 et 2 de Simandou lui avaient été retirés en 2008. Le géant minier accuse la joint-venture formée par BSGR et Vale d’avoir usé d’actes de corruptions pour obtenir la perte de ses droits.

Mai 2014

Rio Tinto et le gouvernement concluent un nouvel accord pour le développement de Simandou

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Sam Walsh PDG de Rio Tinto.

Rio Tinto signe un nouvel accord avec le gouvernement pour l’exploitation de la mine Simandou, le plus grand gisement de fer au monde, au cœur de plusieurs controverses.

«Aujourd’hui est une étape importante dans le développement de cette mine de fer de première qualité, pour le bénéfice de tous les actionnaires et de la population guinéenne», déclare le PDG de Rio Tinto, Sam Walsh. «Le développement de ce site est une priorité nationale qui va au-delà des mines et concerne les générations après la nôtre», renchérit le président guinéen Alpha Condé, cité dans un communiqué du groupe minier.

Rio Tinto doit désormais trouver des partenaires pour participer au financement de ce projet qui nécessite la construction d’une ligne de chemin de fer sur 600 kilomètres pour transporter le minerai des montagnes de Simandou (sud-est) vers la côte atlantique, ainsi que d’un port en eau profonde et de centaines de kilomètres de routes. Le coût global du projet est estimé à quelque 20 milliards de dollars.

Novembre 2015

La plainte de Rio Tinto est rejetée

La justice américaine rejette la plainte déposée par Rio Tinto contre BSGR et Vale. Elle justifie son rejet par le fait que la plainte aurait été déposée trop tard.
En effet, selon les explications du juge, le géant anglo-australien a lancé sa procédure judiciaire alors que le délai maximum prévu par la loi RICO sur la corruption (04 ans), avait déjà expiré. Rio Tinto avait perdu, rappelons-le, ses titres miniers sur Simandou Nord en 2008.

Janvier 2016

Rio Tinto soumet au gouvernement les premiers résultats des études de faisabilité des infrastructures ferroviaires et portuaires

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Alan Davies, le PDG de Rio Tinto Diamants & Minéraux.

Rio Tinto soumet la première version de l’étude de faisabilité bancable (EFB) pour les infrastructures ferroviaires et portuaires de Simandou Sud et ce, dans les délais.

Alan Davies, le PDG de Rio Tinto Diamants & Minéraux, s’est dit « heureux que les partenaires de Simandou aient livré les versions initiales des études de faisabilité bancable de la mine et des infrastructures aux dates convenues. » complétant que « celles-ci sont des jalons importants pour le développement du projet ».

Il faut rappeler que cette première évaluation permettra au projet d’enclencher une autre étape de sa mise en œuvre. Celle-ci s’articulera autour d’un calendrier intégré.

Mai 2016

Rio Tinto achève l’étude de faisabilité bancable finale du projet Simandou Sud, comprenant mines et infrastructures

Rio Tinto soumet au gouvernement guinéen, par le biais de sa filiale Simfer, les études de faisabilité bancable de son projet de fer Simandou, plus grand gisement inexploité de fer au monde. Elles comprennent les résultats de l’étude de la mine et celle des infrastructures nécessaires pour la réalisation du projet.

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Rio Tinto soumet au gouvernement guinéen, les études de faisabilité bancable de son projet de fer Simandou.

«Les études sont basées sur des analyses approfondies menées au cours des deux dernières années par Simfer, China Harbour Engineering Company (CHEC), China Railway Construction Corporation (CRCC) et d'autres fournisseurs internationaux de services de construction et d’exploitation de mines», a déclaré la compagnie.

La société peut désormais, à la suite de cette étape, mettre en place le Consortium d’infrastructures indépendant, comme annoncé plutôt en janvier. La fonction dudit consortium sera de financer et de construire les infrastructures portuaires et ferroviaires.

Juillet 2016

La chute des prix du fer pousse Rio Tinto à abandonner Simandou

Coup de théâtre : Rio Tinto, décide de renoncer à son projet de fer Simandou en Guinée en raison de la faiblesse prolongée des cours. «La surproduction mondiale de minerai de fer fait qu'il est désormais impossible de mener ce projet à bien» a expliqué Jean-Sébastien Jacques, le nouveau CEO de la compagnie.

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Le projet Simandou générerait, selon un rapport de 2014, environ 7,5 milliards $ de revenus, et augmenterait de 5,6 milliards $ le produit intérieur brut de la Guinée, ce qui donnerait au pays la plus forte croissance dans le monde. Ces chiffres expliquent sans doute l’intention du ministre guinéen des mines de poursuivre le projet malgré la décision de Rio Tinto. «Bien que cela reste un défi, nous croyons qu'une solution de financement sera trouvée avec des partenaires qui partagent notre point de vue à long terme», déclare Abdoulaye Magassouba.

Octobre 2016

La SFI quitte à son tour le projet Simandou

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Simandou.

Rio Tinto déclare lundi que la Société financière internationale (groupe Banque mondiale), un de ses partenaires en Guinée, a vendu sa participation de 4,6% dans le projet de fer Simandou. «Nous confirmons que la SFI a exercé une option de vente, qu'elle détient depuis 2006, pour exiger de Rio Tinto et Chinalco le rachat de sa participation dans Simfer(filiale qui gère le projet, ndlr)», a déclaré la compagnie.

Octobre 2016

Rio Tinto cède toutes ses parts à son partenaire chinois Chinalco

Rio Tinto conclut un protocole d’accord pour vendre la totalité de sa participation dans le projet Simandou à son désormais ex-partenaire Chinalco, contre un paiement de 1,1 milliard $ à 1,3 milliard $.

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« Sous l’égide du gouvernement guinéen, Rio Tinto et Chinalco sont parvenus à un accord sur les conditions du transfert de la totalité des parts de Rio Tinto à Chinalco ».

« Sous l’égide du gouvernement guinéen, Rio Tinto et Chinalco sont parvenus, à la suite de plusieurs mois de négociations, à un accord sur les conditions du transfert de la totalité des parts de Rio Tinto à Chinalco. […] Le protocole d’accord signé ouvre la voie à la prise de contrôle du projet par Chinalco, qui sera parachevée après la finalisation d’un accord détaillé dans les prochains mois », explique un communiqué du ministère guinéen des mines et de la géologie.

Novembre 2016

Un cadre de Rio Tinto et un ancien secrétaire général de l’Elysée accusés de corruption

Le géant minier Rio Tinto licencie son directeur du pôle « énergie et minerais », Alan Davies, suite à la découverte d’un échange de courriels datant de 2011 qui laisse penser que ce dernier a eu recours à des actes de corruption sur le projet Simandou dont il était le responsable.

La compagnie déclare que son conseil d’administration a examiné les conclusions de l’enquête interne réalisée sur l’affaire, et a décidé de résilier, non seulement le contrat de M. Davies, mais également celui de Debra Valentine, responsable des affaires réglementaires et juridiques du groupe. Soulignant que la décision ne présage aucunement l’existence d’une quelconque enquête externe, la société souligne qu’elle est motivée par le fait que des cadres n’ont pas « respecté les normes » établies dans le code de conduite globale de la société.

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François de Combret, ex secrétaire général adjoint de l’Elysée aurait reçu 10,5 millions $.

La correspondance électronique découverte faisait état du paiement d’une somme de 10,5 millions $ à François de Combret, conseiller du président guinéen Alpha Condé, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée et ex-associé de la banque Lazard, pour « ses services uniques et irremplaçables et sa proximité avec le président guinéen ».

Décembre 2016

Beny Steinmetz, patron de BSGR est placé en résidence surveillée suite à des accusations de corruption à Simandou

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L’homme d’affaires israélien Beny Steinmetz

L’homme d’affaires israélien Beny Steinmetz est placé en résidence surveillée, suite à des accusations de corruption sur le projet de fer Simandou, en Guinée.

L’interpellation de M. Steinmetz a été ordonnée suite à une enquête de plusieurs mois menée par l’Unité 433 en collaboration avec les polices suisse, américaine et guinéenne.


Il est d’abord interpellé par l’unité 433 de la police israélienne (équivalent local du FBI), et subit un interrogatoire au sujet de cette affaire dans laquelle on le soupçonne d’avoir versé des pots-de-vin pour obtenir des gisements miniers à Simandou.

L’interpellation de M. Steinmetz a été ordonnée suite à une enquête de plusieurs mois menée par l’Unité 433 en collaboration avec les polices suisse, américaine et guinéenne.

La police comptait le placer en garde à vue dans l’optique d’une détention préventive, mais son avocat, Me Youval Sasson, obtient une « simple détention domiciliaire » de 15 jours, assortie d’une caution de 13 285 000 francs suisses et d’une caution bancaire du même montant.

Réagissant à la nouvelle, BSGR déclaré que les accusations sont infondées. M. Steinmetz s’estime « victime d’une cabale élaborée par le pouvoir guinéen afin de l’écarter de ce pays » en expropriant sa compagnie de ses droits d’exploitation minière.

Février 2017

Rio Tinto dément un prétendu blocage de la transaction avec Chinalco

Rio Tinto dément les rumeurs sur un quelconque blocage de la vente à Chinalco, de la totalité de sa participation dans le projet Simandou.

Les dites rumeurs affirmaient qu’à la suite des récentes accusations de corruption qui ont poussé le géant minier à licencier deux ses dirigeants (Alan Davies et Debra Valentine), la transaction avec Chinalco aurait été bloquée. Mieux, certaines sources se demandent si la Chine voudra encore investir le projet, après les interminables affaires de corruption.

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Jean-Sébastien Jacques, DG de Rio Tinto.

«Pourquoi parlez-vous de blocage ? Les deux équipes de négociation travaillent au moment où nous parlons. L'équipe de Rio était à Beijing la semaine dernière et nous serons de nouveau en Chine, la semaine prochaine», déclare à Reuters, Jean-Sébastien Jacques, DG de Rio Tinto.

Refusant de dire s’il est convaincu de la finalisation de l’accord de vente dans le délai initial de 6 mois, M. Jacques se montre toutefois optimiste: «Nous progressons, c’est un processus compliqué, il faut du temps. Nous avançons aussi rapidement que possible».

Mars 2017

La police australienne lance une enquête avec l’aide de Rio Tinto

La police fédérale australienne (AFP) déclare avoir été approchée en novembre par Rio Tinto pour élucider les « allégations de corruption » émises à son encontre suite à l’annonce d’un paiement de 10,5 millions $ à un consultant pour des « services de conseil » à Simandou.

« L'AFP enquête sur des allégations liées à cette affaire. L'AFP est activement engagée avec Rio Tinto qui fournit son assistance concernant l’enquête », déclare l’agence de police. Elle a indiqué qu’en tant que membre de l’International Foreign Bribery Taskforce, elle collabore avec ses homologues nationaux et internationaux pour clarifier les affaires de corruption étrangères.

Au début de l’affaire en novembre, Rio Tinto a sollicité, en dehors de l’AFP, l’aide de la Securities and Exchange Commission des Etats Unis, du ministère britannique des affaires étrangères et de la Serious Fraud Office de Londres.

Mai 2017

Chinalco propose au gouvernement de prendre le contrôle total de Simandou

Chinalco propose à l’Etat guinéen de lui faire des concessions sur le code minier afin qu’elle puisse acquérir les blocs 3 et 4 (Simandou Sud) sans participer à un appel d’offres.

Alors qu’elle a conclu un protocole d’accord avec Rio Tinto pour acheter les blocs 3 et bloc 4 (Simandou Sud), la compagnie chinoise veut ainsi prendre le contrôle total du projet Simandou. La proposition de Chinalco concerne également le point de la charte minière qui veut que l’Etat détienne 15% (extensible à 20%) de toute nouvelle concession.

«Tout le monde veut tout contrôler. Evidemment, ils [Chinalco, ndlr] sont libres d’exprimer leur intérêt, mais en fin de compte, nous prendrons une décision sur la base des négociations commerciales», commente Abdoulaye Magassouba, le ministre guinéen des mines indiquant que le projet de fusion «a du sens, sur le plan économique».

Octobre 2017

Aujourd’hui…

Plus de 20 ans que le feuilleton Simandou dure et toujours pas une tonne de fer produite. Les Guinéens n’ont pas fini d’attendre (pour les plus optimistes). La situation actuelle est un véritable imbroglio. Rio Tinto a annoncé depuis novembre qu’elle abandonne Simandou au profit de Chinalco, mais de vielles affaires de corruption retardent ce départ définitif. Dans le même temps, la moitié-nord du projet, que veulent également acquérir les Chinois, fait toujours l’objet d’un litige entre l’Etat guinéen et BSGR.

Alors que le marché mondial du minerai de fer semble s’être complètement remis de la crise de 2015 –stimulé par une forte demande d’acier et le réapprovisionnement de la Chine, les prix ont augmenté de 21% au premier trimestre 2017 soit le 5e trimestre consécutif— le moment est plus que jamais propice pour le développement de Simandou. Toutefois, une prise de contrôle totale du projet par Chinalco (la seule issue actuellement en vue) qui accélérerait les travaux et démarrerait rapidement la production, est improbable voire impossible.

La Guinée a raté le supercycle du minerai de fer (avant la crise de 2015) et la majeure partie de la demande mondiale est aujourd’hui satisfaite par l’Australie. Avec les perspectives sombres du marché (malgré l’embellie actuelle), le pays devra attendre encore des années pour profiter de ses grandes ressources et booster son économie, principalement portée par la bauxite.

Chronologie réalisée par Louis-Nino Kansoun 

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