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Côte d’Ivoire : pouvoir et opposition crient victoire après le verdict de la Cour africaine des droits de l’homme

Côte d’Ivoire : pouvoir et opposition crient victoire après le verdict de la Cour africaine des droits de l’homme

(Niamey et les 2 jours) - L’opposition ivoirienne et le pouvoir en place ont crié chacun victoire après le verdict rendu mercredi 15 juillet par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à propos de la Commission électorale. Un vrai dialogue de sourds à moins de quatre mois de la présidentielle dans le pays.

L’opposition ivoirienne et le pouvoir en place ont crié chacun victoire après le verdict rendu mercredi 15 juillet par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ordonnant une recomposition de la Commission électorale du pays.

Dans une déclaration, Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), une plateforme de partis de l’opposition ivoirienne, s’est fortement réjouie de cette décision. « Les tenants actuels du pouvoir ont cru bon de faire des réformettes en procédant en 2019 à la recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI) que nous récusons pour la simple et bonne raison qu'elle est inféodée au pouvoir et n'a jamais été le fruit d'un consensus tel qu’exigé par la CADHP ». Et d’ajouter : « la CADHP vient à travers un arrêt de démontrer que nous avons eu raison depuis le début de réclamer une CEI consensuelle et impartiale qui puisse être le symbole de la confiance retrouvée entre les acteurs de la scène politique ivoirienne ».

Pour sa part, l’ancien président Henri Konan Bédié (photo) du PDCI, candidat à la prochaine élection présidentielle a déclaré sur son compte Facebook que « la CADHP a reconnu la pertinence des exigences du PDCI-RDA et de l'opposition, pour une élection présidentielle démocratique dans notre pays. La CADHP a ainsi redemandé à l'Etat de Côte d'Ivoire la recomposition de la CEI avant toute élection ». Appelant par la même occasion « toutes les instances du parti à manifester » leur « soutien à la décision partout, dans toutes les communes, dans tous les départements et les sous-préfectures où nous avons des installations du PDCI-RDA ».

Dans un communiqué paru en fin de soirée et signé du ministre de la Communication et des Médias, Sidi Tiémoko Touré, le gouvernement ivoirien tout en estimant que seul « un résumé » de la décision est disponible sur le site de la Cour a déclaré que la CADHP « a estimé que la Commission électorale indépendante (CEI) issue de cette réforme est composée de membres indépendants et impartiaux, que cette CEI est équilibrée dans sa composition et qu’elle jouit d’une indépendance institutionnelle ». Et d’ajouter par ailleurs, que la Cour « n’a constaté aucune violation en ce qui concerne le droit de participer librement à la direction des affaires publiques, ni en ce qui concerne la question de l'égal accès à la fonction publique du pays ». Cette position du gouvernement ivoirien laisse croire, a priori, qu’il n’envisage pas de réformer ou du moins de procéder à une recomposition de la Commission électorale, surtout à ce stade d’évolution du processus électoral.

A moins de quatre mois de l’élection présidentielle prévue en principe pour octobre prochain en Côte d’Ivoire, c’est un véritable dialogue de sourds qui est en train de s’engager entre les différents acteurs politiques du pays. De sorte à faire courir le risque d’une violente contestation des résultats qui seront proclamés par cette Commission électorale si celle-ci restait en l’état dans sa composition.

Borgia Kobri

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