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Côte d’Ivoire : seuls 4 candidats, dont Ouattara et Bédié, retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle

Côte d’Ivoire : seuls 4 candidats, dont Ouattara et Bédié, retenus par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle

 (Niamey et les 2 jours) - Sur les 44 candidatures reçues pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, seuls 4 candidats ont été retenus par le Conseil constitutionnel, dont Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, ou encore Mamadou Koulibaly ont été écartés du scrutin.

Le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire a rendu public dans la soirée du lundi 14 septembre, la liste des candidats autorisés à participer à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain.

Sur les 44 dossiers de candidatures reçus par la Commission électorale et transmis au Conseil constitutionnel, seuls quatre candidats ont été retenus pour le scrutin. Il s’agit du président sortant Alassane Ouattara, de l’ex-président Henri Konan Bédié, de l’ancien Premier ministre, Pascal Affi N’guessan et de Kouadio Konan Bertin (KKB).

S’agissant du cas particulier du président sortant, Alassane Ouattara, dont l’annonce de la candidature pour briguer un troisième mandat avait provoqué de violentes manifestations, les juges du Conseil constitutionnel ivoirien ont estimé que sur la base du principe de la non-rétroactivité, la Constitution de novembre 2016 lui permet d’être candidat.

Par contre, de nombreux poids lourds de l’opposition ivoirienne ont vu leur candidature rejetée. Parmi ceux-ci, figurent l’ex-président Laurent Gbagbo et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Le Conseil a notamment brandi contre eux, leur radiation de la liste électorale.

Toutefois, les plus grandes surprises de cette décision des juges viennent du rejet des candidatures de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh, de l’ancien ministre Abdallah Mabri Toikeusse, et de l’ancien ministre Gnamien Konan. Pour la juridiction constitutionnelle, ces candidats n’auraient pas obtenu le nombre de parrainages citoyens requis pour la recevabilité de leur candidature.

« L'exclusion arbitraire et antidémocratique de leaders politiques majeurs »

Les premières réactions à cette décision du Conseil constitutionnel sont venues de Guillaume Soro. Dans une déclaration postée sur son compte Facebook, il « conteste vigoureusement »une « décision inique, politiquement motivée, juridiquement boiteuse et qui s'inscrit dans une logique d'anéantissement de la démocratie et l'Etat de droit ».

« Le Conseil constitutionnel sous Mamadou Koné vient ainsi de cautionner, et cela sans surprise, la forfaiture et le parjure de M. Alassane Ouattara, consacrant ainsi la soumission du droit et de la justice à la férule du RHDP [le parti au pouvoir, Ndlr] et de son président. Nous ne pouvons accepter ce coup d’Etat acté par le Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré.

Abdallah Mabri Toikeusse a également soutenu sur son compte Facebook qu’« Alassane Ouattara et des institutions qui viennent de briser définitivement le petit lien de confiance avec les Ivoiriens ont choisi les adversaires susceptibles, selon eux, de favoriser l'avènement du 3emandat. La Côte d'Ivoire continue de plonger dans la crise »

Prenant acte de la validation de sa candidature, l’ancien président Henri Konan Bédié a également dénoncé « la validation de la candidature inconstitutionnelle de M. Alassane Ouattara et l'exclusion arbitraire et antidémocratique de leaders politiques majeurs, notamment Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Mabri Toikeusse, Mamadou Koulibaly et Marcel Amon-Tanoh ».

Les mots d’ordre des différents états-majors de l’opposition ivoirienne seront donc très attendus après cette décision du Conseil constitutionnel dont la crédibilité était déjà très contestée. Va-t-on assister à une opposition qui fera front commun derrière Henri Konan Bédié ? Ou alors, s’achemine-t-on vers des contestations et une crise préélectorale dans le pays ?

Dans une déclaration faite tard dans la soirée de lundi au sujet de la décision du Conseil constitutionnel, Simone Gbagbo a fait remarquer que « les résultats que nous avons entendus confirment toutes mes appréhensions. […] Les critères retenus l’ont été pour éliminer le maximum de candidats ».

L’ex-première dame qui avait plusieurs fois déjà appelé à un report de la présidentielle afin de mettre en place les conditions « d’une élection juste, consensuelle et apaisée » a encore réitéré son appel à la discussion. « Je considère qu’il n’est pas encore trop tard. Nous pouvons nous asseoir pour définir des modalités acceptables pour tout le monde. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle crise en Côte d’Ivoire pour des élections », a-t-elle insisté.

Borgia Kobri

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