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Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo appelle à la prise d’une loi d’amnistie et à un report de l’élection présidentielle

Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo appelle à la prise d’une loi d’amnistie et à un report de l’élection présidentielle

(Niamey et les 2 jours) - L’ex-première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, a appelé ce mardi à la prise d’une loi d’amnistie pour rendre Laurent Gbagbo éligible, ainsi qu’à un report de l’élection présidentielle du 31 octobre. De sorte à mettre en place, de façon consensuelle, les conditions d’une présidentielle apaisée.

L’épouse de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a appelé ce mardi à la prise d’une loi d’amnistie afin de permettre à ce dernier d’être éligible la prochaine présidentielle dans le pays. Mais aussi, au report de cette élection afin de résoudre toute une série de différends pour la bonne tenue de cette échéance.

« En 2010, M. Alassane Ouattara n’était pas éligible. Le Président Laurent Gbagbo aurait pu adopter cette posture juridique, pour s’opposer à sa candidature. Mais, pour sauver la paix et l’unité de la nation, il est passé outre et a pris une ordonnance spéciale, le rendant éligible pour la circonstance. Aujourd’hui, je voudrais appeler le Chef de l’État à prendre une loi d’amnistie pour rendre Laurent Gbagbo éligible. Que Laurent Gbagbo, se présente à l’élection présidentielle ou pas, qu’il soit éligible », a déclaré Simone Ehivet Gbagbo au cours d’une adresse à la presse.

« Je l’invite à lui délivrer un passeport diplomatique. Il y a droit et dans la foulée de la consolidation de la paix dans cette nation, qui a trop souffert et qui ne veut plus souffrir, qu’il libère tous les prisonniers militaires et civils de la crise post-électorale, et qu’il facilite le retour sécurisé des milliers d’exilés. Il n’est nul besoin d’attendre plusieurs mois pour prendre une telle décision qui s’avère nécessaire pour la consolidation de la paix actuelle et la facilitation du processus de réconciliation dans notre pays.Qu’il réinscrive sur les listes électorales, Blé Goudé Charles, et pourquoi pas, Soro Kigbafori Guillaume », a-t-elle ajouté.

Cette sortie de l’ex-première dame de Côte d’Ivoire marquait la reprise de ses activités politiques suite à une convalescence de deux mois après avoir été atteinte de la covid-19.

Profitant du contexte politique du moment en Côte d’Ivoire avec la volonté affichée du président sortant Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat présidentiel qu’elle qualifie d’ailleurs d’« anti constitutionnelle », Simone Gbagbo a tout d’abord soutenue qu’il « n’est pas juste » que ce dernier « rende toute la nation comptable de son incapacité à trouver au sein de sa formation politique une personnalité capable de porter le flambeau de son Parti, pour l’élection présidentielle ».

La compagnonne de lutte de Laurent Gbagbo et vice-présidente de l’aile du FPI restée fidèle à l’ex-président ivoirien s’est par la même occasion prononcée ouvertement pour un report de l’élection présidentielle initialement prévue pour le 31 octobre prochain.

« Je rappelle que toute l’opposition lui demande de façon consensuelle et depuis plusieurs mois, de s’accorder le temps de traiter les contentieux liés à ces élections.Il lui est donc encore possible de reporter ces élections, et de se donner le temps d’investiguer plus au sein du RHDP, pour trouver un candidat de substitution à feu Amadou Gon Coulibaly », a-t-elle déclaré. Ajoutant que « pendant ce temps, on tiendrait les rencontres de concertation nécessaires pour reformer la CEI, auditer la liste électorale, revoir le découpage électoral, réexaminer le code électoral dont les dernières modifications (augmentation de la caution à 50 millions de Francs, établissement des parrainages…) prises par ordonnance, ne sont dues qu’à la seule décision du chef de l’Etat ».

Cette prise de position de Simone Gbagbo dans le sens d’un report de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire vient s’ajouter à une partie de la société civile ivoirienne qui milite depuis un certain moment déjà pour cette option, afin de mettre en place les conditions d’une présidentielle apaisée.

Borgia Kobri

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