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Mali : le djihadiste Iyad Ag Ghaly exige le retrait des troupes françaises avant le début des négociations avec Bamako

Mali : le djihadiste Iyad Ag Ghaly exige le retrait des troupes françaises avant le début des négociations avec Bamako

(Niamey et les 2 jours) - Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une alliance djihadiste affiliée à Al-Qaïda et dirigée par Iyad Ag Ghaly (photo) s’est dit prêt à entamer des négociations avec Bamako seulement après le retrait des troupes françaises et onusiennes du Sahel. L’annonce a été faite par le groupe, dans un communiqué publié lundi 9 mars 2020.

« Nous sommes prêts à engager des négociations avec le gouvernement malien, dont le président a annoncé son souhait de négocier avec (le GSIM) afin de discuter des moyens de mettre fin au conflit sanglant entré dans sa septième année à cause de l'invasion des croisés français », a annoncé l’organisation terroriste dont la déclaration a été authentifiée par de nombreux experts. Cependant, ajoute le GSIM, « il ne saurait être question de négociations à l'ombre de l'occupation avant le départ du Mali de toutes les forces françaises et de ceux qui les suivent ».

Face à l’incapacité des soldats déployés sur le terrain d’enrayer les violences ciblant civils et militaires, le gouvernement du président Ibrahim Boubacar Keïta avait annoncé qu’il prévoyait d’entamer des négociations avec les groupes terroristes pour trouver un terrain d’entente. Cette stratégie qui divise l’opinion publique malienne intervient dans un contexte marqué par une recrudescence ces derniers mois, des manifestations populaires dénonçant la présence française dans le Sahel.

Lors d’une conférence de presse à Pau en janvier dernier, le président Emmanuel Macron avait accusé ces manifestants d’être à la solde de groupements terroristes. Si ces propos ont été dénoncés par les manifestants, les groupes terroristes eux, ne se privent pas de profiter de la situation. Ainsi dans sa déclaration, le groupe d’Iyad Ag Ghaly a décrit sa demande de retrait des « croisés français » comme une réponse aux manifestations anti-françaises des Maliens.

Pour l’instant, rien n’indique que la demande des djihadistes du GSIM sera acceptée. En janvier dernier, les pays du G5 Sahel ont réaffirmé leur intention de coopérer avec la force Barkhane pour éradiquer le fléau du terrorisme dans la région. Une déclaration suivie quelques semaines plus tard de la mise en place d’un nouveau cadre de coopération, prévoyant notamment le déploiement de 600 nouveaux soldats français dans le Sahel.

Moutiou Adjibi Nourou    

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