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Bénin : le droit de grève retiré à certaines corporations

Bénin : le droit de grève retiré à certaines corporations

(Niamey et les 2 jours) - C’est une décision qui aura pris de court de nombreux observateurs de la vie politique et institutionnelle au Bénin. Prenant le contre-pied de la précédente mandature, la Cour constitutionnelle présidée depuis le 08 juin 2018  par l’avocat et ancien garde des Sceaux, Joseph Djogbenou (photo), vient de déclarer ce 28 juin 2018 conforme à la constitution le retrait du droit de grève à certaines corporations névralgiques, en l’occurrence les magistrats, les corps de la santé, de la défense et de la sécurité.

La juridiction constitutionnelle, qui officiait dans son rôle d’ « organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics », a notamment estimé que, dans le souci d’opérer « la conciliation nécessaire entre la défense des intérêts professionnels dont la grève est un moyen et la préservation de l’intérêt général auquel la grève est de nature à porter atteinte », il convient de juger qu’en vertu du respect du principe de la continuité du service public, « si la grève constitue un moyen légitime du travailleur pour défendre ses intérêts, le législateur et le gouvernement sont tout aussi légitimement habilités à y apporter les restrictions , voire à l’interdire aux personnels d’autorité ou ceux ayant des responsabilités importantes dans des services et entreprises chargés de missions de service public ».

Une « atteinte grave au contrat social issu de l’historique Conférence nationale de février 1990 », a réagi l’Union nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB), le puissant syndicat de la magistrature.

Pour rappel, le pays avait été longtemps paralysé en début d’année par des grèves des corps de la magistrature, des professionnels de la santé et de l’éducation qui protestaient contre le vote par l’Assemblée nationale de lois leur retirant… le droit de grève.

Les tensions n’avaient alors été apaisées que par la décision rendue par la Cour constitutionnelle dirigée à l’époque par Théodore Holo déclarant contraire à la constitution les dispositions des lois leur retirant le droit de grève. Le répit n’aura donc été que de courte durée, les lois incriminées ayant été promulguées dans la foulée de la décision de la cour constitutionnelle en date du 28 juin 2018.

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