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Politique

Mahamadou Issoufou : « Je ne peux pas m’engager dans l’aventure d’un troisième mandat. Cela aurait affaibli les institutions »

Mahamadou Issoufou : « Je ne peux pas m’engager dans l’aventure d’un troisième mandat. Cela aurait affaibli les institutions »

(Niamey et les 2 jours) - Alors que le Niger se prépare au second tour de l’élection présidentielle qui devra avoir lieu le 20 février, le président sortant Mahamadou Issoufou a livré ses impressions sur les deux mandats écoulés. Que ce soit, les questions liées à la démocratie, à la transition démographique, au terrorisme ou encore à la zone de libre-échange continental, le président a jeté un regard froid sur les différents sujets.

Ainsi, Mahamadou Issoufou s’est réjoui de la première transition démocratique que le Niger s’apprête à connaître. « C’est la première fois depuis 60 ans qu’il y a un passage de témoin d’un président démocratiquement élu vers un autre démocratiquement élu. On est en train d’asseoir une tradition démocratique », a-t-il déclaré. Interrogé sur son refus de briguer un troisième mandat, il s’est montré catégorique. « On ne peut pas avoir des institutions fortes en tripotant les constitutions, en changeant la règle du jeu en cours de jeu. Je ne peux pas m’engager dans l’aventure d’un troisième mandat. Cela aurait affaibli les institutions que nous sommes en train de construire », a-t-il indiqué.

Abordant la question de l’insécurité et de la lutte contre le terrorisme, Mahamadou Issoufou a réitéré son appel à la mise en place d’une coalition internationale. « Tout le Sahel est infesté. La sécurité est un bien public mondial. Ce qui se passe au Sahel concerne le reste du monde. Si le terrorisme arrive à prendre pied en Afrique, il prendra pied en Europe », a précisé le numéro 1 nigérien.

Le champion de la Zlecaf s’est fortement réjoui de l’entrée en vigueur des accords de libre-échange ce 1er janvier 2021. « La zone de libre-échange dont les échanges vont commencer le 1er janvier va créer le marché le plus vaste du monde avec 1,2 milliard de consommateurs. Cela mettra fin aux marchés balkanisés que l’Afrique a connus et qui ont été à la base d’échecs de beaucoup de politiques industrielles en raison de marchés trop étroits », a-t-il affirmé.

La question de la rapide croissance démographique a également été abordée. Estimé à 3 millions lors des indépendances, le Niger compte actuellement 23 millions d’âmes et pourrait en compter 70 millions en 2050 si le rythme actuel de 7,6 enfants par femme est maintenu. Le président Issoufou s’est toutefois montré rassurant. « Nous avons fait baisser le taux de fécondité. C’est une action de longue haleine. Nous avons mobilisé les leaders religieux et traditionnels avec des arguments religieux qui justifient la nécessité de la transition démographique…Il faut maintenir les jeunes filles à l’école au moins jusqu’à 16 ans afin d’éviter mariages et grossesses précoces », a-t-il précisé.

Rappelons que le dauphin du président sortant, le candidat Mohamed Bazoum a obtenu environ 40 % des voix au premier tour et part favori pour le second tour.

Mawulolo Ahlijah



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