Inscription à notre newsletter

Chaque jour l'actualité de l'économie et de l'investissement au Niger


Gestion publique

Naissance de groupes d’autodéfense dans la région de Maradi : Que faut-il craindre ? (Crisis Group)

Naissance de groupes d’autodéfense dans la région de Maradi : Que faut-il craindre ? (Crisis Group)

(Niamey et les 2 jours) - La vague de banditisme qui a récemment ensanglanté les localités frontalières au Nigéria, Madarounfa et Guidan-Roumdji, dans la région de Maradi, « a donné lieu à la formation de nombreux groupes d’autodéfense et de milices armées ». C’est ce qui ressort d'un rapport publié ce jeudi 29 avril par l’ONG internationale à but non lucratif Crisis Group.


Ce brigandage alimenté par des groupes armés opérant depuis le Nigéria, se répand progressivement au sud-ouest du Niger, le long de la bande frontalière allant des villes de Maradi à Dogondoutchi (région de Dosso).


A titre d’exemple, le 10 janvier dernier, dans le village de Lili, situé dans le département de Madarounfa, trois femmes ont été enlevées et du bétail emporté. Quelques jours plus tard, le 16 janvier dans la nuit, 160 têtes de bétail ont été volées et une personne tuée dans le village de Bassira, situé dans le département de Guidan-Roumdji. C’est ainsi que des groupes d’auto-défense trouvent naissance dans les villages de Gabi (département de Madarounfa), Tibiri et Sanfo (Guidan-Roumdji).


Ces groupes sont, pour l’heure, appréciés des autorités locales et des forces armées. « Ils sont soutenus par des élus locaux qui contribuent même à l’achat d’armes artisanales locales », souligne le rapport de Crisis Group.


Seulement, pour de nombreux éleveurs peuls de cette région, rejoindre ces groupes de bandits est une façon de se protéger contre le vol de leur bétail et parfois d’accéder à une position de pouvoir, révèlent les auteurs du rapport.

Cet état de chose présage de « l’apparition de situations insurrectionnelles dont pourraient profiter des groupes djihadistes en quête de nouveaux territoires », prévient l’ONG.

Toutefois, indique-t-elle, « le Niger a encore la possibilité de limiter la contagion de ce phénomène en complétant l’approche sécuritaire actuelle par une approche préventive ». Cette approche consisterait notamment à limiter « le sentiment d’injustice dont souffrent les éleveurs et à consolider la cohésion de plus en plus fragilisée entre les communautés ».


Fortement éprouvé par le terrorisme, le Niger est confronté à 2 foyers terroristes, un dans l’ouest du pays dans la région de Tillabéry (80 km de Niamey) et l’autre dans le nord-est, la région de Diffa (1300 km de Niamey).


Youssouf Sériba

Lire aussi:



Please publish modules in offcanvas position.