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Niger : le manque de formation et le difficile accès au financement freinent la transformation agricole 

Niger : le manque de formation et le difficile accès au financement freinent la transformation agricole 

(Niamey et les 2 jours) - Principale activité économique du Niger (plus de 49 % du PIB), le secteur agricole est confronté à un problème de transformation et de conditionnement des produits en vue de leur exportation. 

 C’est ce qui ressort d’un déjeuner débat initié par l’Université Africain des Sciences Sociales Techniques et Médicales (UASTM), ce samedi 22 mai à l’occasion du lancement d’un département « Entreprenariat agricole et alimentaire » dans cette université.

Cet échange, qui a réuni le gratin des jeunes entrepreneurs qui font de l’agrobusiness, a pointé du doigt le manque de formation et le difficile accès au financement notamment bancaire pour la transformation et l’exportation des produits en souffrance au Niger. 

Les institutions et les banques qui financent le secteur posent des conditions inaccessibles aux jeunes entrepreneurs, d’après Zeinabou Hamani, chargée de promotion de l’entreprenariat agricole à Agriprofocus. « Quand un jeune entrepreneur se présente auprès d’une banque, la première des choses qu’on lui demande, c’est une garantie (terre). On sait que les jeunes ne sont pas détenteurs de terres au Niger », déplore-t-elle.

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Cette anomalie devrait être corrigée, selon elle, pour booster la transformation et l’exportation qui ont un impact direct sur le PIB. 

Outre le problème d’accès au financement, les jeunes entrepreneurs manquent de formation qualifiée, relève-t-on. L’ouverture de la filière « Entrepreneuriat agricole et alimentaire » vient pallier ce déficit. De fait, elle vise à « former des jeunes qui puissent réfléchir et travailler de manière intellectuelle dans la transformation, la production et la commercialisation des produits locaux » souligne Boris Segbenou, fondateur de l’UASTM.

En dépit de ces difficultés, certains jeunes entrepreneurs font preuve de persévérance et réussissent, comme Boureima Maïmouna.

Boureima Maïmouna, une success story

Géographe de formation, Boureima Maïmouna fait partie de la toute première cohorte de l’incubateur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. 

Fondatrice de la ferme pastorale Hazagou, cette jeune dame a su exceller dans l’élevage de vaches et la production laitière. En 10 ans de parcours, elle a réussi à s’imposer sur le marché sous-régional, en exportant plus de 2000 têtes de vaches laitières vers le Burkina Faso, le Sénégal, la Cote d’Ivoire et le Mali, témoigne la jeune entrepreneure. 

Pourtant, elle n’a pas connu de débuts aisés. Comme tout jeune, elle aussi buté sur le problème de financement, « Etant jeune, limitée par les contraintes de garanties, j’ai pris mon mal en patience en intégrant le service civique. Avec un salaire de 50 000 fcfa, j’ai fait une tontine pour constituer un fonds. J’ai alors lancé Hazagou avec 9 moutons et un petit enclos », confie Maïmouna Boureima, interrogée par Niameyetles2jours.

Youssouf Sériba

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