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Interférence des groupes terroristes dans la production et le commerce de l’or au Niger, au Burkina Faso et au Mali (rapport OCDE)

Interférence des groupes terroristes dans la production et le commerce de l’or au Niger, au Burkina Faso et au Mali (rapport OCDE)

(Niamey et les 2 jours) - Le rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la production et l’exploitation de l’or au Niger, au Burkina Faso et au Mali, publié il y a quelques semaines, relève un certain nombre d’interférences des groupes armés non-étatiques et terroristes dans la production et le commerce de l’or dans ces pays frontaliers.

Si l’étude ne détermine pas encore avec beaucoup de précisions l’ampleur de ce phénomène, l’OCDE affirme dans son rapport que les zones d’exploitation minière sont sous la pression des groupes terroristes. Au Burkina Faso par exemple, la mine d’or d’Essakane située dans la province d’Oudalan, est sous la pression constante du groupe terroriste Ansaroul Islam.

Au Niger, la prolifération de sites d’orpaillage dans les régions du Djado et de l’Aïr au Nord du pays, une zone vaste, difficile à surveiller et en proie aux activités de différents réseaux de criminalité transnationale, principalement composés de ressortissants libyens ou tchadiens, constitue un sujet de préoccupation majeure. De plus, le pays a été contraint de suspendre le contrôle administratif sur les sites d’orpaillage jadis assuré par l’administration des mines avec la coopération des corps habilités nationaux, et cela faute de moyens financiers, soutient l’OCDE dans le rapport.

Quant au Mali, les régions traditionnelles d’exploitation minière industrielle et d’orpaillage que sont Kayes, Koulikoro et Sikasso, ne présentent pas pour l’instant, de signes de contrôle des sites aurifères par des groupes armés non-étatiques. Toutefois, « lors d’une intervention à l’occasion de la conférence annuelle « Mining Indaba » organisée au Cape, en Afrique du Sud, en février 2017, Tiémoko Sangaré, ministre des Mines de la République du Mali, avait publiquement partagé ses inquiétudes concernant le risque de pénétration et d’infiltration des groupes terroristes dans les zones de production d’or dans le Sud du pays, et les difficultés que cela pourrait causer pour le secteur industriel », indique le rapport de l’OCDE.

Par ailleurs, l’étude fait ressortir qu’il existe d’autres risques concernant tout autant les exploitants industriels qu’artisanaux et à petite échelle. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les exploitants industriels sont en effet exposés au risque d’enlèvement à des fins de paiement de rançon de leurs employés et peuvent aussi être victimes d’extorsions sous la forme de paiements nécessaires pour assurer leur « protection » afin opérer dans certaines zones. Les exploitants artisanaux et à petite échelle peuvent aussi faire l’objet d’extorsions, requêtes de « protection », attaques ou pillages, parfois simplement motivés par des règlements de comptes entre communautés concurrentes.  

Face à toutes ces menaces, l’organisation recommande la sensibilisation et l’implication des acteurs sur le terrain, y compris du renseignement et des forces de maintien de la paix opérant dans la région. Une implication de tous, qui selon l’OCDE, pourrait s’avérer utile pour venir en appui aux gouvernements de la région et ainsi affiner la compréhension de la perméabilité de la chaîne locale de production et de commercialisation de l’or au risque d’infiltration par des groupes terroristes.

Sandrine Gaingne

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