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Niamey dans le noir, les familles et les entreprises se lamentent et évaluent déjà les dégâts causés par les délestages

Niamey dans le noir, les familles et les entreprises se lamentent et évaluent déjà les dégâts causés par les délestages

(Niamey et les 2 jours) - Depuis cinq jours, Niamey, la capitale du Niger, est dans le noir. Les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer vivent le martyr des multiples délestages qui n’en finissent pas.  En 24 heures, elles profitent en moyenne de quatre heures d’électricité. Une situation qui occasionne des pertes immenses, tant dans les maisons d’habitation, les entreprises que les commerces.

« Je ne comprends pas comment on peut laisser les populations dans une telle souffrance. Passer autant de jours dans le noir avec cette chaleur. C’est vraiment cruel et je ne peux même pas expliquer le calvaire que je vis ces derniers jours », tempête Ibrahim Youssouf, petit commerçant dans la ville de Niamey.

Au-delà des dommages sur le quotidien et la vie des populations, ces délestages ont également des conséquences fâcheuses sur l’activité économique. « Je ne peux même pas estimer les pertes enregistrées ces derniers jours. Je commercialise des glaces, de l’eau, des yaourts, des jus. Depuis, les glaces ne sont plus disponibles, pourtant, c’est en cette période de grande chaleur que nous faisons le plus de bénéfices. Les yaourts que j’avais au frigo ne sont plus consommables. Je peux estimer mes pertes, ces cinq derniers jours, à plus de 100 000 FCFA », explique Ibrahim Youssouf.

Abdoulrazak, commerçant dans un marché de la place, a, lui également, fait les comptes des pertes générées par les coupures de l’électricité sur son activité. « J’ai une poissonnerie. Je commercialise du poisson frais, des poulets congelés et d’autres denrées. Toute ma boutique empeste. Tout a pourri. J’estime les pertes à plus de 200 000 FCFA, en quelques jours seulement ».

Dans les ménages, les plaintes et les lamentations sont quasi identiques.  « Je viens de jeter trois kilogrammes de viande à la poubelle, du fait des perturbations sur le réseau électrique. Ça fait énormément d’argent. Nous souhaitons qu’on ait pitié de nous. Et avec le Ramadan qui est prévu la semaine prochaine, ce sera vraiment compliqué pour nous de conserver nos aliments si la Société nigérienne d'électricité (Nigelec) continue avec ses délestages à n'en point finir »,  s’offusque une ménagère.

Du côté de la Nigelec, c’est le black-out total. Aucune information rassurante n’est donnée aux populations. Pour les responsables de cette structure, les perturbations observées dans la fourniture de l'électricité sont dues à la chute de deux pylônes de la ligne 132 kV Birnin-Kebbi-Niamey, précisément à 1 km de Birnin Gaouré. Et le mutisme de la Nigelec, quant à la normalisation de la situation, ne fait que conforter l’idée selon laquelle le bout du tunnel n’est pas proche.

 Sandrine Gaingne

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