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La dépendance énergétique du Niger se poursuivra jusqu’en 2021

La dépendance énergétique du Niger se poursuivra jusqu’en 2021

(Niamey et les 2 jours) - En 2016, le Niger a été dépendant de l’énergie électrique à hauteur de 72% de son voisin nigérian et cette dépendance se poursuivra au moins jusqu’en 2021, selon les informations fournies par la ministre de l’Energie Amina Moumouni (photo) aux députés le 3 novembre dernier. 

La présence du ministre en charge de l’Energie au Parlement faisait suite à l’interpellation du député Nassirou Halidou sur l’indépendance énergétique du pays qui paralyse plusieurs secteurs d’activité avec le lot de coupures intempestives de courant et leurs conséquences en termes de santé publique. 

Pour la ministre, la production nationale d’électricité du Niger provient de deux sources : la Société nigérienne du charbon (Sonichar) qui transforme le charbon minéral en électricité et la Nigelec (Société nigérienne d’électricité) qui produit l’électricité à travers ses centrales à base de combustibles diesel et fuel lourd. « Jusqu'à la mise en service de la raffinerie de Soraz (Société de raffinage de Zinder, ndlr) en novembre 2011, tous les combustibles utilisés étaient importés mais depuis, c'est le cas uniquement pour le fuel lourd.» précise la ministre. 

Ces productions étant en deçà des besoins de consommation nationale en énergie électrique, le Niger (à travers la Nigelec) importe l’électricité à travers un accord inter-Etat auprès de la TCN (Transmission Company of Nigeria). En 2016, cette dépendance auprès du voisin s’est établie à 72%. 

Solutions

Pour Amina Moumouni, l’indépendance électrique et énergétique va s’accroître au fur et à mesure sur la période 2018 – 2020. Elle a cité des projets en cours : « la centrale solaire photovoltaïque de Malbaza de 7 MW en cours de construction sur financement indien, attendue en 2018 ; la centrale hybride d'Agadez (13 MW solaire et 6MW diesel) prévue en 2019; et Gorou Banda solaire (20 MW) dont le financement est en cours d'obtention auprès de l'AFD (en plus de la 2ème tranche de 20 MW thermique diesel)». Pour la capitale Niamey et l’intérieur du pays, Mme Moumouni ajoute la livraison de la centrale hydroélectrique de Kandadji (130 Mw) prévue en 2021. Et celle du complexe charbonnier Salkadamna dans la région de Tahoua attendue en 2023. 

Pour l’accès à l’électricité, le gouvernement annonce des projets en cours d'exécution sur la période 2017/2021. Ils concernent le raccordement de 168 500 nouveaux ménages urbains et ruraux par branchement subventionné associé à l'extension et au renforcement des réseaux existants de la Nigelec ; l'électrification de 165 localités, tous financés par l’AFD et la BAD. Sans oublier un projet d’expansion solaire de la Banque mondiale en vue d’accroitre le mix énergétique solaire. 

Le député Nassirou Halidou a aussi évoqué des informations sur une possibilité de suspension de la fourniture de l’électricité par le Nigéria en 2018. « Il n'y a pas de suspension prévue de la fourniture courant 2018.» répond la ministre de l’Energie. Pour elle, le Niger a signé un accord inter-Etat pour une durée de 20 ans, en décembre 2010 au Nigéria avec une possibilité de révision du contrat tous les 3 ans à la demande essentiellement d’une des deux parties. 

Toutefois, Mme Moumouni précise que des réformes sont en cours dans le secteur énergétique au Nigéria. La conséquence sera que la TCN ne sera plus l’interface de l’Exécutif nigérian en termes de fourniture d’électricité. Le contrat du Niger sera transféré au Nbet (National bulk electricity trading). 

Guevanis DOH

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