Politique

Mahamadou Issoufou : « Les pays qui s’ingèrent dans la crise libyenne doivent arrêter (…) C’est nous les pays voisins qui subissons »

Mahamadou Issoufou : « Les pays qui s’ingèrent dans la crise libyenne doivent arrêter (…) C’est nous les pays voisins qui subissons »

(Niamey et les 2 jours) - Dans une interview accordée à la télévision France24, le Président nigérien Mahamadou Issoufou s’est prononcé sur divers sujets. La crise libyenne, la situation sécuritaire qui prévaut dans la région du Sahel, la lutte contre Boko Haram et la migration irrégulière ont été au menu. L’interview s’est déroulée en marge du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine qui se tient les 30 et 31 janvier 2017 à Addis Abeba en Ethiopie.

La crise en Libye a occupé une place de choix dans l’entretien d’autant qu’une réunion de haut niveau sur le sujet a eu lieu en prélude au sommet des chefs d’Etat. Pour le Président nigérien, la solution à la crise libyenne ne peut venir que de la Libye. « La réunion a mis en place une feuille de route qui prévoit la réconciliation de l’ensemble des Libyens, la mise en place d’instituitons consensuelles, » fait savoir Mahamadou Issoufou. Une autre résolution ferme prise par le Comité de haut niveau sur la crise libyenne a été relevée par le numéro un nigérien, « nous demandons aux pays qui s’ingèrent dans la crise libyenne de cesser d’interférer. » « C’est nous les pays voisins qui subissons alors que nous n’avons pas été consultés lorsque l’intervention militaire a été faite en 2011.»

Concernant la situation sécuritaire dans la région, le Président nigérien se dit inquiet. Pour lui, c’est la crise libyenne qui a emmené l’occupation du nord-Mali par des jihadistes. Une base arrière, selon lui, qui permet aux différentes factions islamistes d’attaquer les autres parties du pays et de menacer les pays voisins dont le Niger.

La mission de la Minusma a aussi été débattue. Pour Mahamadou Issoufou, il faut que les casques bleus du Mali aient un mandat offensif effectif. « Nous avons demandé au Secrétaire général de l’Onu qu’il faut que la Minusma soit effectivement équipée en conséquence afin qu’elle puisse travailler en rapport avec les autres forces armées (maliennes, burkinabé, force mixtes, ndlr). »

Autre sujet abordé, la présence de Boko Haram au niveau du lac Tchad. Mahamadou Issoufou a profité de l’entretien pour confirmer la redition de certains combattants de la secte. Avant de lancer une nouvelle fois un appel aux combattants de déposer les armes en vue de bénéficier d’une réinsertion dans la vie socio-économique.

Le Président nigérien s’est aussi prononcé sur la migration irrégulière. Pour lui, il faudrait que les pays de départ et les pays de destination, tous victimes de la migration irrégulière, se concertent pour trouver une solution à la situation parce qu’il est inadmissible selon lui, que les jeunes Africains se noient en Mediterranée.

Le reportage français soupçonnant le lien entre la libération des otages français enlevés au Niger en 2010 et l’assassinat des journalistes de Rfi en 2013 s’est aussi invité au débat. M. Issoufou a préféré ne pas communiquer sur le sujet qu’il considère « franco-français. »

Guevanis DOH

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