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Après l'Egypte, les spéculations vont bon train sur les conditions qui pourraient être servies au futur emprunt souverain du Nigéria

Après l'Egypte, les spéculations vont bon train sur les conditions qui pourraient être servies au futur emprunt souverain du Nigéria

(Niamey et les 2 jours) - Le gouvernement nigérian a plusieurs fois retardé l'émission de ses obligations souveraines sur le marché international des capitaux, dans l'attente de meilleures conditions de la part des investisseurs et d'un cadre de finance internationale beaucoup plus stable.

Mais aujourd'hui, il est presque contraint de se jeter à l'eau. La grande question est celle de savoir quel accueil lui réserveront les investisseurs. Son dernier eurobond de référence, émis en 2013 et qui arrive à maturité en 2023, avait reçu un taux de 6,37%. Mais c'était une autre époque, où l'économie nigériane était en plein boom, avec un baril de pétrole autour des 100$. Le pays entre temps a connu sa première récession des 20 dernières années, sa monnaie s'est considérablement dépréciée et ses réserves de changes se stabilisent difficilement autour de 28,5 milliards $. Même chez les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et BAD), on semble encore attendre des signaux plus clairs de réformes économiques.

D'un point de vue plus global, l'Afrique continue d'attirer les investisseurs ciblant les produits à rendements fixes émis par des pays des marchés émergents. Les indicateurs fournis par l'African Financial Market Initiative de la BAD sur les eurobonds africains, montre clairement que les rendements ont majoritairement chuté, signe d'un intérêt des investisseurs pour les marchés secondaires. Mais quelque soit le niveau d'intérêts

qu'on leur porte, les obligations souveraines d'Afrique subsaharienne, hors Afrique du Sud, présentent encore un certain niveau de risque. L’escalade de la situation au Mozambique qui s'est déclaré incapable de rembourser ses créanciers, ni à l'échéance de janvier 2017, ni cette année, a laissé comme un goût amer chez les investisseurs.

L'Egypte, pour cela, est devenue un référentiel pour les autres pays africains. Son eurobond, le tout premier africain de l'année 2017 a été largement sursouscrit le poussant à porter l'enveloppe globale de 2,5 milliards $ maximum, à 4 milliards $. Mais elle devra payer un taux de 7,5% sur la tranche arrivant à maturité dans 10 ans, contre 5,8% pour une obligation souveraine analogue émise en 2015.

Le Nigéria peut encore compter sur un niveau d'endettement relativement faible, une production pétrolière qui remonte grâce à la maîtrise de la menace sécuritaire dans le Delta du Niger, un prix du baril qui se stabilise légèrement au-dessus des 50$, et une notation souveraine qui est de deux points au-dessus de celle de l'Egypte. D'ici le mois de mars, date estimée de son arrivée sur le marché des capitaux, les choses auront peut-être déjà évolué.

Idriss Linge

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