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La Banque mondiale lance une levée de fonds pour lutter contre les épidémies majeures, sursouscrite à plus de 200%

La Banque mondiale lance une levée de fonds pour lutter contre les épidémies majeures, sursouscrite à plus de 200%

(Niamey et les 2 jours) - La Banque Mondiale a lancé sa première levée de fonds dans le cadre du Mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie (PEF). Ce dispositif a été conçu, l’an dernier, pour se prémunir des pandémies mortelles et s’appuie en particulier sur la création du tout premier marché de l’assurance contre le risque de pandémie.

Cette première opération a permis à la banque de lever plus de 320 millions $ en deux émissions obligataires distinctes de trois ans et mobiliser 105 millions de dollars provenant des opérations de swaps, portant le montant total à 425 millions $. Les obligations qui ont attiré notamment des investisseurs, des gestionnaires d'actifs, des fonds de pension et des donateurs ont été sursouscrites à plus de 200%, a déclaré la Banque mondiale.

L'une des obligations, au coupon de 6,5% au-dessus du taux d’intérêt Libor dollar américain (USD) à 6 mois, couvrira les pandémies de grippe et les infections à coronavirus telles que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). L’autre émission à 11,1% au-dessus du Libor américain, couvrira quant à elle, les filovirus comme Ebola, Marburg et plusieurs autres types de fièvres, telles que la fièvre du Congo, la fièvre de la vallée du Rift et la fièvre de Lassa.

Le principe de l’émission obligataire reste tout de même délicat. En effet, la Banque mondiale versera aux porteurs un coupon régulier plus un spread de financement, mais ceux-ci prennent le risque de perdre partiellement ou entièrement leur portefeuille si une nouvelle épidémie se déclenche.

« Si un événement de déclenchement [une pandémie, ndlr] se produit, au lieu de procéder à un remboursement intégral, tout ou partie du capital est transféré au PEF. Donc, les investisseurs agissent essentiellement comme des compagnies d'assurance », a déclaré Michael Bennett, Chef des produits dérivés et du financement structuré au département des marchés financiers de la Banque mondiale.

Inspirée par l'épidémie d'Ebola 2013-14 en Afrique de l'Ouest qui a tué 11 000 personnes, principalement en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, l'initiative PEF vise à accélérer la mobilisation des fonds en cas d’épidémie de grande ampleur. Au cours des cinq prochaines années, le PEF dans son ensemble devrait fournir plus de 500 millions de dollars de couverture contre les pandémies, selon l’institution financière.

On estime à plus de 7 milliards $, les fonds qui ont été fournis par les donateurs pour lutter contre la fièvre hémorragique qui a sévi en Afrique de l’Ouest. Selon la Banque mondiale, si les pays touchés avaient eu accès au financement au début de l’épidémie, seulement un dixième de ces décès aurait eu lieu.

Le coût global annuel des pandémies est estimé à environ 570 milliards de dollars, soit 0,7% du revenu mondial, a précisé la Banque mondiale.

Fiacre E. Kakpo

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