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Malgré une poltique de change contestée, l'eurobond nigérian semble bien accueilli par les investisseurs

Malgré une poltique de change contestée, l'eurobond nigérian semble bien accueilli par les investisseurs

(Niamey et les 2 jours) - Malgré des performances macroéconomiques en baisse de régime et l'incertitude sur sa politique de change, le processus d'émission d’un milliard $ d'eurobond par le Nigéria attire les investisseurs, à des taux relativement acceptables, apprend-on de source médiatiques concordantes.

Entre le 3 et le 6 février, la ministre des finances Kemi Adeosun (photo) a rencontré plusieurs investisseurs de la place financière de Londres pour les convaincre de souscrire à son emprunt souverain, afin de gérer son déficit budgétaire.

Des investisseurs qui se sont confiés sur l'opération et selon leurs propos, rapportés par des médias qui suivent le processus, ils seraient prêts à souscrire à l'emprunt souverain, si le gouvernement nigérian accepte de payer un intérêt d'environ 8% pour la maturité de 15 ans et de 7,5% si la maturité est ramenée à 10 ans. Certes l’emprunt souverain de référence du Nigeria avait obtenu un taux de 6,7%, mais c’était à une autre époque où le baril valait plus de 120 $.

Le Nigéria veut se donner du temps pour le remboursement, d’autant qu’il a des échéances internationales en 2018, 2021 et 2023. Il propose ainsi une maturité de 15 ans. Son niveau d'endettement plutôt modéré est perçu comme un atout par les investisseurs, tout autant que le nouvel environnement international, marqué par la remontée des prix du pétrole, la principale source de revenus en devises pour le pays.

Mais des doutes persistent encore, notamment sur la politique de change menée par les autorités d’Abuja. La banque centrale a encore maintenu inchangés ses taux d'intervention, dans son double objectif de limiter l'inflation et donc la pression sur les réserves de change qui se stabilisent tant bien que mal.

Par ailleurs les investisseurs estiment de toutes les façons que le naira doit encore être dévalué, afin de réduire le gap avec le marché non officiel, et introduire plus de stabilité dans le système financier. Une option que, ni le président Buhari en congé médical en Grande Bretagne, ni le gouverneur de la banque centrale Godwin Emefiele, ne retiennent et non sans raison.

La première libération du naira avait entraîné de fait une dévaluation, détériorant le pouvoir d'achat des ménages. Le gouvernement et certains investisseurs privés comme Dangote ont mis en place des stratégies visant à accroître la production locale. Mais tout le temps que ces initiatives ne portent pas leurs fruits, l'économie dépendra encore massivement des importations. Aussi, les arbitrages sont complexes pour le gouvernement.

Idriss Linge

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