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Les producteurs de riz appellent l’Etat à promouvoir le riz local

Les producteurs de riz appellent l’Etat à promouvoir le riz local

(Niamey et les 2 jours) - Le Salon de l’agriculture, tenu du 06 au 11 mars dernier, a permis aux producteurs nigériens d’exposer plus amplement leur plaidoyer pour une institutionnalisation du riz local.

Réunis au sein de la Fédération des unions des coopératives des producteurs de riz (Fucopri), les producteurs laissent entendre qu’il y a plusieurs facteurs qui devraient pousser l’Etat à promouvoir la consommation du riz local. « La production nationale estimée à 132 030 tonnes ne couvre que le tiers (1/3) des besoins annuels nationaux.», informe la Fédération.

Pour la Fédération, promouvoir le riz local est un puissant moyen d’adaptation et de résilience face au changement et à la variabilité climatique.

« Il existe de réelles marges de manœuvre pour un accroissement quantitatif et qualitatif de l'offre de riz du pays avec une diversité de situations agroécologiques mais un potentiel réel encore sous-utilisé.», renseigne la Fucopri.

L’organisation prend aussi à témoin une enquête qu’elle a réalisée en 2016. Ce travail de recherche montre que l’Etat pourrait réduire la perte de devises due aux importations (pour alimenter les marchés institutionnels comme les restaurants scolaires, universitaires, les hôpitaux et les armées), s’il promeut le riz local. Ceci, sachant que ces marchés institutionnels ont consommé, à eux seuls, plus de 20 000 tonnes de riz, en 2015.

La Fucopri argumente en outre, en tenant compte de la situation au niveau régional. «La production de riz en Afrique de l'Ouest couvre seulement 60% de la demande locale. Cette demande est largement couverte par le riz importé.» Ce qui rend les dépenses des Etats excessives et met la sous-région dans une situation de dépendance alimentaire.

«Les importations de riz en Afrique de l'Ouest atteindront 6,4 à 10,1 millions de tonnes en 2020.», a ajouté la Fédération, reprenant ainsi les chiffres de la Fao.

30 000 familles sont directement impliquées dans la riziculture et organisées en coopératives au Niger, selon la Fucopri. Les producteurs sont souvent confrontés au souci de commercialisation de leurs produits face à la compétitivité du riz importé. Le prélèvement d’un quota de 3% sur les importations, initié par le gouvernement, n’a pas soulagé leurs peines.

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